Vivons l'autogestion ? - Le Lumière

Vivons l’autogestion ?


Après les partiels de janvier, un groupe d’étudiants de L3 Géographie est parti faire son voyage d’étude dans un quartier autogéré du pays basque espagnol, à Errekaleor dans la ville de Vitoria-Gasteiz.

Auteure : Camille GRANJARD,
Janvier 2019,
Errekaleor

Cet ancien quartier ouvrier devait être détruit pour permettre l’implantation de nouveaux bâtiments neufs bien que les habitants étaient contre cette démarche. À la suite de nombreuses exclusions, un groupe de 5 étudiants basques a squatté le lieu, puis d’autres personnes les ont rejoint. Lorsque la mairie a voulu les exclure, ils ont résisté, soutenus par de nombreux habitants et personnalités du pays basque. Malgré la coupure d’électricité le 01 mai 2017, 150 personnes y vivent actuellement, séduites par l’idée défendue, le mode de vie et l’ambiance générale du quartier.

Auteure : Camille GRANJARD
Janvier 2019,
Errekaleor

Pendant une semaine, les étudiants ont essayé de comprendre et d’expérimenter, dans une certaine mesure, cette façon de vivre alternative qui remet en cause de nombreuses habitudes et visions de nos sociétés occidentales contemporaines. Ils ont rencontré des acteurs de cette mise en pratique d’une idéologie anticapitaliste, écologique et égalitaire. En effet, au sein de cette communauté, en plus de prôner certaines valeurs, les habitants mettent en commun un certain nombre de choses pour vivre ensemble et atteindre l’autosuffisance. Les jeunes lyonnais ont ainsi pu voir comment ils s’organisaient, parce que la vie communautaire n’est pas synonyme de chaos. Des commissions ont été mises en place, pour la gestion des jardins, pour l’accueil des nouveaux arrivants, pour la communication… Le quartier squatté s’articule autour de l’identité basque, les réunions sont majoritairement en Euskera donc, cher.e étudiant.e de Lyon 2, si cela vous intéresse, soyez prêts à vous y mettre, sachant que rien n’est obligatoire et que des cours sont donnés sur place ! Par exemple, les étudiants ont participé à la construction d’un four, ce qui permettra à la communauté de cuire des pizzas, du pain et autres sans avoir besoin d’ autre énergie que celle du bois brûlé. Pourtant, l’autosuffisance d’Errekaleor est en partie aboutie, puisqu’ils ont réussi à obtenir assez de panneaux solaires pour subvenir à leurs besoins, ils cultivent leurs potagers…

Ce qui a le plus marqué les étudiants français, c’est le fait de voir quelles alternatives sont possibles tout en jouant de la proximité de la ville et de la société capitaliste. Les étudiants sont revenus en France la tête pleine d’idées et enrichis de nouvelles rencontres. Mais comme l’autogestion n’est pas un objet à théoriser, il leur a vivement été conseillé de la vivre pleinement, à Lyon ou ailleurs.