Un superhéros de l’univers Lyon : Graapz sauve la vie de légumes et fruits moches - Le Lumière

Un superhéros de l’univers Lyon : Graapz sauve la vie de légumes et fruits moches


Une banane un peu noircie a le même goût qu’une banane complétement jaune. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas la manger?

Les statistiques révèlent une tendance alarmante : presqu’un tiers de fruits et légumes sont actuellement jetés à cause de défauts d’apparence. Les standards stricts de la France et de l’Union Européenne ne laissent pas de chance aux fruits et légumes moches. Or, une banane un peu noircie a le même goût qu’une banane complétement jaune. 

Ce n’est pas un superhéros de l’univers Marvel qui aidera à sauver la vie des légumes et fruits légèrement fripés ou déformés. Graapz entre en jeu pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Cette entreprise a été créée en juillet 2017 par un agrobiologiste, Alexandre Durand, et une ingénieure agronome, Florence Durillon. Le principe est simple : permettre aux commerçants de proposer aux clients potentiels des invendus et des défraichis à prix attirant. 

Photo de Magda Ehlers

Graapz est un start-up permettant de préserver la nature, manger sain et équilibré et faire des économies. Vous voulez déjà savoir comment cela fonctionne ?

Pour commander un panier de légumes et de fruits, il faut aller sur le site https://www.graapz.com/fr. Les commerçants voient directement les commandes adressées à eux. Puis, ils préparent les sacs avec des légumes et des fruits. Les clients peuvent récupérer ces sacs à tout moment dans l’après-midi. 

Pourtant, il faut dire que les clients ne peuvent pas savoir ce qu’ils vont avoir dans leurs paniers. Comme résultat, il y a un risque qu’ils récupèrent des produits qu’ils n’ont pas l’habitude de consommer. Mais Graapz a pris le soin de mettre sur sa plateforme les conseils et les recettes pour cuisiner les produits inhabituels.

Le site du start-up offre deux options. Il est possible d’acheter un seul panier de 3 kilos pour 6 euros ou un abonnement qui permet d’aller chercher un panier par semaine pendant un mois pour 20 euros. 

Il y a un mois, l’entreprise est devenue un partenaire de l’application Phenix qui a pour objectif de regrouper toutes les offres de commerçants proposant d’acheter des invendus et des défraichis. Ce partenariat permettra aux clients de faire leurs achats sur les smartphones plus facilement. Pour le moment, les collaborateurs lyonnais de Graapz ne sont pas encore intégrés à l’application. Mais c’est seulement une question de temps.

Graapz semble profiter aux vendeurs et aux consommateurs. Vous vous demandez si cette offre est en effet tellement attirante ?

Pour vous donner une idée de ce que peut contenir un panier Graapz, la rédaction du journal Le Lumière a acheté deux paniers de 6 euros aux épiceries partenaires. 

Nous avons commandé le premier panier au Petit Casinoau 26 rue Plat. Elle contenait 500g de clémentines, 200g de pommes de terre, 1 tête de brocoli et 1 tête de chou-fleur. Donc, l’ensemble qui ne fait pas rêver mais qui est plutôt bénéfique : 6 euros contre environ 7-8 euros que vous pourriez payer dans un supermarché ordinaire pour les mêmes produits. 

Ensuite, nous avons commandé le deuxième panier à l’Épicerie de la place au 22 rue Paul Bert. Elle contenait 700g de pommes de terre, 200g de pommes, 150g de poires, 100g de clémentines, 1 tomate, 1 avocat, 1 oignon et 1 oignon rouge. Une variété plus notable et plus bénéfique (l’équivalent de 8-9 euros) donne un résultat beaucoup plus impressionnant.

Même si l’économie n’est pas grande, le concept devient de plus en plus populaire. Chaque épicerie lyonnaise collaborant avec Graapz reçoit deux ou trois commandes chaque jour. Cela permet d’avoir quotidiennement de 7 à 10 euros supplémentaires dans leurs caisses. Les mêmes revenus vont à l’entreprise écologique qui se prend une moitié de bénéfices de chaque panier.

Depuis sa création, Graapz aurait évité le gaspillage de plus de 45 000 kg de légumes et de fruits et le rejet de 55 000 kg de CO2. En plus, l’entreprise aurait préservé plus de 30 millions de litres d’eau et plus de 150 286 m² de terres agricoles. Vous avez déjà envie de vous lancer dans la lutte contre le gaspillage alimentaire ?