Polyamour – Mes amours, leurs amours et moi - Le Lumière

Polyamour – Mes amours, leurs amours et moi


« Ce n’était pas une question de ne plus aimer quelqu’un, mais au contraire, d’aimer une personne en plus. » Lola

Notre société semble tendre vers l’abolition de la binarité là où elle semblait quasi systématique : le masculin et le féminin ne sont plus les deux seuls genres affirmés, une famille peut être monoparentale, les sexualités ne se réduisent plus à l’hétérosexualité ou l’homosexualité, elles sont désormais multiples, on définit toujours plus leurs nuances si nombreuses. En amour aussi naissent de nouvelles expressions : l’abolition de la binarité est au sens d’un amour qui n’est plus de moi à toi seulement, mais qui peut être aussi de moi à vous, de vous à moi, de nous à eux. Aujourd’hui, donc, nous te parlons du Polyamour.

 

Le Polyamour, une tentative de définition : 

Le polyamour, étymologiquement mélange le grec « poly » et le mot français tiré du latin « amour », il signifie « amours multiples ». Aujourd’hui il caractérise un amour qu’une personne porte à plusieurs autres personnes dans un espace de sincérité totale. Il s’agit bien, ici, de parler d’amour et pas seulement des relations basées sur la sexualité. Une relation polyamoureuse permet de dépasser la restriction, disons traditionnellement occidentale, de l’amour à une seule personne. Chacun des amoureux peut donc laisser libre cours à son amour s’il est fondamental pour son bien-être, qu’il s’étende ou non à plusieurs personnes. La jalousie semble alors exclue dans de telles relations. Il est évident que le polyamour est une expression de soi et donc qu’il ne peut convenir à tous : il implique que chacun des amoureux ressente de manière profondément intime cette nécessité amoureuse. Il ne s’agit pas d’accepter le contrat du polyamour au sein d’un couple pour faire plaisir à l’autre mais pour exprimer une vérité de soi.

Le polyamour n’implique pas non plus nécessairement des formes, comme celle du trouple par exemple, (trois individus qui se portent tous mutuellement de l’amour), il peut s’exprimer sous la forme d’un couple dont chacun des amoureux aura un ou plusieurs autres amoureux totalement extérieurs audit couple. Pour finir cet essai de définition, il faut aussi comprendre que le contrat que passent ensemble les polyamoureux implique une égalité totale entre eux : si l’un peut avoir une possibilité, l’autre le peut aussi. Ce qui peut faire la différence est seulement la volonté personnelle d’un des amoureux, qui peut exprimer son amour envers une seule personne mais être d’accord avec le fait que celle-ci ai plusieurs amoureux, il serait alors comme une « observateur bienveillant » (1).

(Photographie: Talia De Rugeriis)

 

Le Polyamour pour les étudiants :

Agathe, Lola, Elise et Arpad, étudiantes et étudiant, ont bien voulu partager avec nous leur vision de l’amour.

 

Interview de Lola, polyamoureuse :

Comment vois-tu ta vérité intime à propos de la manière dont tu aimes et dont tu as besoin d’être aimée ?
Lola :
« Je pense que le couple de manière générale n’est pas une bonne idée. On aime certaines personnes à certains moments, ça peut durer quelques mois ou des années, mais c’est normal de s’éloigner au bout d’un moment. En fait je trouve le couple trop artificiel. Le mot d’ordre : juste profiter du moment présent avec la personne qu’on aime. » Lola nous parle également du fait qu’elle ne ressente pas de jalousie et à quel point la confiance et la sincérité dans les relations polyamoureuses est plus importante que tout. « Pour connaitre une relation amoureuse apaisée et confiante il faut se parler de tout et notamment de ses autres amours. »

 

À partir de quel âge as-tu commencé à te rendre compte que le modèle  » traditionnel  » de l’amour couple – hétéro ne te convenait pas ? Est-ce qu’il y a eu un élément déclencheur dans cette prise de conscience ? 

Lola : « Quand j’avais 15 ans j’étais en couple dans une relation exclusive hétéro, ça a duré trois ans. Pendant ce temps, j’aimais aussi quelqu’un d’autre et je culpabilisais. Au bout d’un moment j’en ai parlé à mes amis qui m’ont dit : ‘ça veut dire que tu n’aimes plus ton copain ?’. Je trouvais que ça n’avait absolument rien à voir. Ce n’était pas une question de ne plus aimer quelqu’un, mais au contraire, d’aimer une personne en plus. »

 

Est-ce que le fait d’affirmer en toi une autre vision de l’amour t’a soulagée d’un poids, d’une sorte de mal-être que tu ressentais plus ou moins avant ? 

Lola : Oui parce que je me croyais seule, mais savoir que d’autres personnes sont comme moi, c’est rassurant.

 

Ressentais-tu (et ressens-tu toujours ?) une pression sociale, familiale, etc due à ton polyamour ?

Lola : Le polyamour n’est pas très connu, donc ma famille aurait du mal à comprendre. Pour l’instant je trouve que de manière générale c’est surtout considéré comme une conduite très légère, comme si j’allais baiser tout le monde, alors que non.

 

Portrait de Agathe, non-exclusive :

Pour Agathe, le verbe « aimer » en français est trop limité, notre langue nous offre peu de moyen pour parler de notre amour en évoquant la diversité immense que comprend une telle notion. Le grec ancien semblait permettre plus de nuances avec un vocabulaire plus large, mais notre langue n’a qu’un mot et cela, peut-être, est réducteur : « l’amour c’est quelque chose de changeant, qui ne peut se mettre dans une case » . Agathe s’écarte toujours plus de cette habitude qu’on a de tout mettre dans des cases, elle épouse différents modèles relationnels : exclusivité, relation libre, polyamour, tous sont possibles parce que tous peuvent lui convenir s’ils s’adaptent aux besoins de sa/son partenaire et d’elle-même, de leur amour.

Agathe ressent parfois de la jalousie, elle a remarqué pourtant que ce sentiment est plus le reflet d’un manque de confiance en soi. D’ailleurs, sa jalousie s’adapte et elle en a moins ressenti au sein de sa relation polyamoureuse parce qu’on n’a pas peur de perdre l’autre s’il est amoureux d’autre personne que soi. Elle se comparait avec les amours de son amoureux, mais cela n’allait finalement pas jusqu’à un ressenti de jalousie : au contraire, voir son copain s’épanouir aussi dans un autre amour la rendait heureuse. Le polyamour semble être un modèle qui entraine un apaisement de la jalousie. En comparaison, lorsqu’elle est dans une relation exclusive, la jalousie se manifeste plus souvent parce que les modalités de l’exclusivité s’y prêtent finalement plus.

C’est en classe de seconde ou de première qu’elle a rencontré pour la première fois l’idée du polyamour, et elle s’était dit d’abord que ce modèle ne serait jamais possible pour elle. En grandissant, en gagnant en maturité, au fil des expériences et des rencontres, Agathe a peu à peu évolué dans sa manière de penser l’amour. Et cela tend vers l’ouverture à toutes les possibilités. Aimer, finalement, n’a pas de limite, elle se retrouve de moins en moins dans l’idée de l’amour exclusif. Souvent, elle ressent des attirances, des crush pour des personnes en étant déjà amoureuse d’autres personnes : « je n’ai pas une quantité limitée et prédéfinie d’amour à donner », aimer ou être attirée par deux personnes en même temps ne veut pas dire retirer un peu d’amour à la première personne pour en donner à la deuxième. L’amour est beaucoup plus dans une extensibilité à l’infinie que dans une réduction ou une limitation. Ressentir une certaine pression sociale autour de la non-exclusivité se traduisait pour elle dans un ancrage difficile à renverser, celui de la vision traditionnelle de l’amour. Celui des idées telles que : si une autre personne que ma copine ou mon copain me plait c’est que je n’aime pas assez cette-ce dernièr/e. Cet ancrage introduit une relation malsaine de culpabilité vis-à-vis de ses sentiments. Doit-on être coupable de trop aimer ? Doit-on être coupable d’aimer trop de monde ? Par rapport à cela, elle trouvait en elle une certaine appréhension quant à parler à sa famille de son amour : la peur du jugement de l’autre est difficile à ignorer.

Faire sa vie dans un couple exclusif, Agathe l’imagine de moins en moins donc. Pour elle, les modèles familiaux d’amour plus ouverts peuvent tout à fait fonctionner. Sortir de l’exclusivité n’est pas qu’une période de la vie, n’est pas qu’une envie de jeunesse de faire des expérimentations. On ne doit pas s’enfermer dans la version monogame, on peut se poser à plus que deux. Il y a des milliards d’amours qui sont aussi des milliards de modèles de vie. Il faut moduler sa relation amoureuse non pas en fonction des codes qui nous entourent mais en écoutant ce dont chacun à proprement besoin pour construire son modèle propre ensemble, qui ne peut être sain que si la communication entre les amoureux est claire. En polyamour comme dans toute relation amoureuse, l’important est la communication et la sincérité. Tu peux être en polyamour et tromper ton amoureuse ou amoureux si tu n’es pas sincère avec elle/lui. [Ndlr : certains polyamoureux se mettent d’accord pour ne pas parler entre eux de leurs autres amours, il n’y a donc pas de mensonge ou de secret, il est clairement explicité que les amoureux ne veulent pas en parler ou en entendre parler = se mettre ainsi d’un commun accord, ça c’est de la communication.]

 

Paroles de Elise, en polyamour :

Comment as-tu compris que tu étais polyamoureuse ?

« D’abord j’ai compris que je n’étais pas hétéro, assez tard, en première. Quand j’ai rencontré une personne (non binaire qui n’avait pas encore fait son coming out à l’époque et se présentait comme fille) et que j’en suis tombée amoureuse. Pour le modèle du polyamour, c’est venu d’abord de manière forcée – j’étais folle amoureuse d’un mec qui vivait avec sa copine de l’époque et la trompait à tout va, donc la non-exclusivité n’a pas été en choix si je voulais être avec lui. Puis j’ai rencontré quelqu’un d’autre qui m’a fait réfléchir et lire de la réflexion théorique autour de la polyamorie et de l’exclusivité, et je me suis rendue compte que ça me correspondait bien : ça répondait différemment à un problème que j’avais déjà vécu en seconde, celui d’être amoureuse de deux personnes en même temps et de devoir choisir à tout prix. Ce nouveau mode de relations m’a parlé, et je me suis dit que le pratiquer de façon construite, réfléchie et saine (contrairement à avec celui qui trompait sa copine) serait une belle expérience. Mes évènements déclencheurs sont les rencontres.
Affirmer cette autre vision de l’amour m’a permis de développer des conversations et des débats intéressants, et de réfléchir avec d’autres moyens de compréhension à la toxicité de mes relations passées et des relations en général. Ça m’a fait du bien.
D’ailleurs, j’aimais parler du polyamour pour tester les réactions des gens et provoquer des débats. Ça marche plutôt bien et c’est souvent très intéressant. »

Ressentais-tu (et ressens-tu toujours ?) une pression sociale, familiale, etc due à ton polyamour ?

« Pour ce qui est de la pression sociale, c’est surtout une question de temps je pense. Présentement, je n’en ressens pas, parce que je sais qu’on me considère comme dans une phase d’expérimentation de jeunesse, et que cette phase rend explicable et tolérable ce schéma relationnel. Je suis aussi très bien entourée, ça aide (et ce bon entourage vient aussi d’une réflexion sur les relations en général, c’est une sorte de cercle vertueux). Je ne crois pas qu’on puisse envisager la polyamorie sans envisager aussi une réflexion sur tous les types de relation, et donc redéfinir par là-même l’amitié et l’amour.

Après, en tant que meuf pansexuelle et polyamoureuse, je sais que je peux être perçue comme l’exemple même de la fille qui ne sait pas choisir.

J’ai une anecdote. J’ai vu une psy qui m’a sorti que je vivais « une illusion de jeunesse » dans mes relations et mon choix de la polyamorie. Elle était aussi homophobe, comme si ça ne suffisait pas. Donc oui, ces points de vue oppressifs existent et se manifestent. J’ai eu la chance de pouvoir prendre du recul sur ses paroles, et de pouvoir consulter quelqu’un d’autre.

 

Quant à mes expériences, j’ai été en couple avec un homme et une femme en même temps, puis avec deux hommes, et maintenant les liens sont un peu plus distendus mais je relationne toujours avec deux hommes. De ce que j’ai appris de ces expériences, c’est toujours lorsque la communication fonctionne dans la relation que ça marche. Sans communication aucune relation n’est saine, qu’elle soit exclusive ou polyamoureuse. Et la polyamorie n’est pas la meilleure des options, elle n’est pas une étape sur le chemin du/de militant.e parfait.e et déconstruit.e, c’est simplement une autre manière d’envisager les relations, qui peut fluctuer.

Je ne suis pas sûre de continuer toute ma vie en polyamorie, je me laisse le choix. Le tout c’est de parler, de convenir avec les personnes avec lesquelles on souhaite relationner des termes de la relation, des attentes que chacun.e a et de ce que chacun.e est en mesure de donner. Pour moi c’est ça le cœur de ce mode de relations. »

 

Portrait de Arpad, anarchiste relationnel :

Arpad, étudiant en 3e année de Licence d’Histoire, nous expliquait que, pour lui, il n’y a plus de catégories sentimentales, il y a seulement un consentement, un accord entre plusieurs personnes. Il ne faut plus toujours vouloir chercher à définir la relation dont on a besoin en fonction des mots et des concepts que la société nous met à disposition, puisque ces concepts sont trop étroits, trop éloignés de la diversité relationnelle que peut entrainer le sentiment amoureux. Refuser de mettre des termes trop contraignants sur la nature de ses relations impliquant des sentiments forts, ça c’est être anarchiste relationnel. On va au-delà des notions de couple ou de pas couple.

C’est à 18 ans que Arpad rencontre et tombe amoureux d’une personne polyamoureuse, c’est à partir de ce moment là que commence sa réflexion autour de cet anarchisme et du polyamour. Il trouve alors des réponses aux problèmes qu’il rencontrait dans le cadre de la relation monogame hétérosexuelle. Autour de lui, il entend parfois que c’est une période d’essai, de jeunesse, que ça va lui passer, qu’un jour il trouverait la bonne, qu’il reviendra à l’exclusivité nécessairement. On lui dit aussi : « ah mais c’est pour ne pas t’engager et délaisser les gens ». En cela, une certaine pression et culpabilisation sociale se dessine.

Certes, dans dix ans il ne sait pas où il en sera : tout est possible, son état d’esprit est peut-être passager. Mais peut-être pas, en amour rien n’est fixé, il faut comprendre que toutes les portes (et elles sont nombreuses) restent ouvertes tout le temps, l’âge ne fait pas que certaines se ferment forcément. Pour lui, l’amour non limité que le polyamour exprime a toujours existé, aussi longtemps que l’amour a existé, mais il a pris des modalités et des noms différents selon les époques.

Aujourd’hui, il explique que notre société a oublié ces modes relationnels et que cette méconnaissance produit parfois une mauvaise réceptivité, mais protège aussi les anarchistes relationnels et polyamoureux d’une certaine oppression, d’une certaine agressivité. On ne te refuse pas un emploi parce que tu es polyamoureux, on ne te frappe pas dans la rue non plus.

 

Après les études :

Portrait de Pierre, anarchiste relationnel :

Pierre lui, a 38 ans et a fini ses études depuis une petite vingtaine d’année. Il découvre intellectuellement le polyamour il y a deux ans, assez vite il s’est dit que le carcan monogame ne tenait pas tant que ça la route, et notamment pour lui qui avait été amoureux de deux personnes en même temps. Auparavant, il était tombé amoureux de deux femmes qu’il avait rencontré en même temps et s’était demandé : « mais qu’est ce qui ne va pas chez moi ? ». Le polyamour lui offre donc la possibilité d’être en accord avec lui-même.

Au moment de cette découverte, il entretient une relation avec une femme, leur couple n’était pas une monogamie, disons, traditionnelle. Il vivait certains aspects de son couple de manière assez négative. A partir du moment où s’est ouvert à lui d’autres possibilité que la monogamie, son ressenti s’apaise, cette relation devient alors totalement positive. La petite-amie de Pierre découvre avec lui le polyamour et pense d’abord qu’elle ne pourrait pas vivre en polyamour ni être « polyacceptante » (être en relation avec un polyamoureux sans être soi-même en polyamour). Mais finalement, au moment où Pierre est tombé amoureux d’une autre personne et lui en a fait part, elle a constaté qu’elle ne voulait pas rompre leur relation.  Elle pose alors des questions, Pierre explique que son amour pour elle n’a pas changé ou diminué. Aimer une autre personne ne modifie pas l’amour qu’il lui porte. La communication a permis leur compréhension et leur accord, l’information a permis de combler les appréhensions.

Comme Arpad, Pierre se considère comme un anarchiste relationnel, il rejette toutes les catégories et hiérarchies arbitraires élaborées par notre société et se contente de se demander ce dont il a envie de vivre avec telle ou telle personne que cela soit seulement une envie de lui prendre la main, de l’embrasser ou passer sa vie avec elle.

Pierre remarque que, autour de lui, que son mode de vie amoureuse soulève des questions douloureuses chez les autres, notamment autour du vécu de l’adultère. On lui demande s’il soutient l’adultère. Mais le polyamour sous-entend l’approbation de tous, la sincérité : l’adultère existe seulement dans le polyamour si les mensonges et les dissimulations s’installent. Les gens associent aussi très facilement, au premier abord, le polyamour à la polygynie (un homme ayant des relations avec plusieurs femmes) mais le polyamour semble aller plus loin parce qu’il entraîne une égalité de possibilités pour tous : chacun peut être en relation avec plusieurs personnes jusqu’à former une « constellation », « un polycule ».

(Photographie: Kevin Gill)

 

Pour ce qui est de la pression sociale, Pierre la ressent assez peu, se considérant comme assez excentrique depuis un certain temps, cela l’a habitué à ce que les gens s’étonnent autour de lui. Sa famille étant elle-même habituée et ouverte à la diversité, tout s’est bien passé de ce côté-là.

L’important selon Pierre : tout le monde devrait accepter qu’il faille aller plus loin que les mensonges que la société tend à nous imposer comme seul modèle relationnel : aimer pleinement ses trois enfants d’un amour immense et égal est possible, il faut accepter que cela soit possible à d’autres niveaux. Le polyamour ne convient cependant pas à tout le monde, et il implique des compétences relationnelles de communication qu’il faut avoir la volonté de travailler : le couple monogame en tirerait du bon d’avoir ces compétences-là lui aussi, mais il peut vivoter plus longtemps sans ces compétences qu’une relation polyamoureuse apporte.

 


Pour aller plus loin dans l’éloignement de la binarité systématique :

 

Illustration principale de l’article par ClaraNeko