MORTAL COMBAT A LA SAUCE BRITISH - Le Lumière

MORTAL COMBAT A LA SAUCE BRITISH


L’ Angleterre victorienne, une patrie de cucks déterministes et machos, gagas de murges au thé vert devant une rediff’ de Jack The Ripper and The 11 broke girls ? Ou bien un pays de mâles alphas consacré, du costume chamarré, boudiné, au classique tee-shirt; du flegme d’Hodor fin dix-neuvième à la dextérité de Monsieur Propre ? Tant de nuances .

Quand Jackie Chan rencontre Miss Marple, ça fait des Chocapics : sur un plan uni-dimensionnel de réalité plus concrète, c’est ce qu’a dû penser un certain Edward William Barton-Wright au temps des préventes pour Buffalo Bill. Et ce n’est pas n’importe quelle péquenouille car, tout ingénieur british vivant au Japon qu’il est, ce dernier rapporte de ses fagots, in Homeland, une idée improbable : le bartitsu. « Une méthode de défense personnelle dans toutes ses formes » selon son inventeur : un sport hybride par son étymologie – du nom de son inventeur, Bart, et du ju-jitsu. Avouons que l’aspect foufoque de la chose change un peu du racisme à la Tintin et des zoos humains. Le plus étonnant étant que le vocable bartitsu ne vient pas de Bart lui-même, n’en déplaise à son narcissisme, mais de Arthur Conan Doyle, qui n’est rien d’autre que l’inventeur… de Sherlock Holmes – et, indirectement, de Derrick et Columbo, avec le chara-design en moins mais bon, passons. Terme de bartitsu qui apparait dans Les Aventures de la Maison vide, une nouvelle écrite par Coco en 1901. Récit dans lequel l’auteur voulait faire tuer Holmes – un burnout peut-être ?- mais, sous la pression d’un lectorat casse-bonbon, il se résigna à le sauver en lui évitant une mort certaine grâce au Bartitsu.

 » J’aurais dû faire kebabier »

Et puis, pourquoi se limiter à l’origine du blaze si les règles ne sont pas décrites comme il se doit ? Limité à son nom barbare, le mot « bartitsu » ressemble plus à celui d’un joueur de foot suédois sur un vieux Fifa 2004… Le bartitsu est un sport où les combattants utilisent leurs poings, pieds et cannes. La finalité des poings étant de frapper les pieds servant quant à eux à se protéger de toute éventuelle attaque mais peuvent évidemment être utilisés pour foutre un Giga Mawashi Geri Datagueule Issou à son ennemi. La canne fait office, quant à elle de bouclier. « Judo et Ju-jitsu, qui étaient des styles secrets de lutte japonaise, on les appelerait action rapprochée, car appliquée à la défense personnelle », selon Bart. Il s’agissait d’enchainer des rythmes boxes-pieds pour se rapprocher au maximum de l’adversaire pour utiliser les méthodes décrites. Je rigole en imaginant Tyson avec un chapeau melon et une petite moustache.

L’âge d’or du Bartitsu se situe entre 1898 et 1902. En 1901 est fondée à Londres le Bartitsu Club qui accueille alors l’élite artistique et estudiantine victorienne dans des sessions d’entrainement intenses. Mais, la popularité du club fut de courte durée, et la notoriété du ju-jitsu éclipsa rapidement celle de son compère européen : le Bartitsu Club ferme ses portes en 1903.