L'expérience d'un voyage à cheval sur l'Atlantique durant le confinement dicté par le COVID-19 - Le Lumière

L’expérience d’un voyage à cheval sur l’Atlantique durant le confinement dicté par le COVID-19


Depuis plusieurs semaines, l’épidémie du Coronavirus, COVID-19, touche le quotidien et les activités d’un nombre croissant de pays. L’enseignement supérieur et les étudiants à l’étranger sont particulièrement impactés par ce virus, tout comme les mouvements migratoires et les compagnies aériennes.

Étudiante en dernière année de Licence Information-Communication International à l’Université Lumière Lyon 2 et actuellement en mobilité à l’UQAT (Québec), Solène Anson raconte l’expérience de son retour en France, durant le confinement dicté par le COVID-19.

Un retour rapide sur le territoire français

C’est en août 2019 que j’ai franchi les frontières du Canada à Rouyn-Noranda (Québec). Direction l’UQAT en création et nouveaux médias (audiovisuel) pendant 9 mois. Une aventure qui sera écourtée d’un mois puisque les mesures restrictives concernant le COVID-19 et donc la diminution du nombre de déplacements ainsi que la suspension de liaisons aériennes dans les prochains mois entre les frontières, m’ont contraintes de retourner rapidement en France, dans le risque d’être rapatriée ensuite.

D’ailleurs, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères nous a fortement conseillé de retourner dans le pays, tant que les lignes aériennes restent ouvertes. L’Université Lumière Lyon 2, nous a quant à elle, laissé le choix de rester sur le territoire Canadien ou de retourner en France.

Mise en place d’une nouvelle forme d’enseignement

Les Universités étant fermées jusqu’au 1er mai a indiqué le premier ministre Québécois François Legault, les étudiants doivent assister à des cours en ligne. À ce jour, aucun cas de la COVID-19 n’a été signalés dans la communauté universitaire de l’UQAT. Les professeurs s’organisent ainsi pour permettre aux étudiants de terminer la session et de poursuive leurs études dans un mode autre que présentiel. « Le but est de favoriser la réussite des étudiants tout en tenant compte des réalités vécues par chacun », souligne le recteur de l’UQAT, Denis Martel.

La reprise de la session se fera le 30 mars prochain et la fin des cours le 24 avril.

Voyage sous haute tension

Le calme était présent à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal, dimanche 22 mars-COVID-19. ©SolèneAnson

Après avoir préparé ma valise et dit au revoir aux personnes rencontrées lors de ce périple, direction l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal . En matinée, l’ambiance est palpable, sous tension et intense. Les magasins fermés, les terrasses de tables sont closes. La plupart des sièges d’attentes sont vides, le silence prend le dessus… Valises à la main et masques entourant la tête, les voyageurs sillonnent les allées. La peur se lit sur leurs visages, on s’accroche, on se retient, on se regarde… Un chamboulement de vie.

Certains respectent les consignes de sécurité pour éviter la contamination : garder ses distances à plus d’un mètre, se laver les mains régulièrement, tousser dans son coude, éviter de toucher son visage… Le soir, alors que mon départ pour Paris approche, l’affluence augmente. Dans l’avion, l’atmosphère est digne d’un bâtiment d’hôpital. Les hôtesses portent des masques, les voyageurs ne sont pas séparés et le silence, comme un trouble, une déception, se ressent.

La France en période de confinement

Des sorties moins fréquentes? Paris Gare de Lyon lundi 23 mars, un « jour comme les autres »-COVID-19. ©SolèneAnson

Cinq heures séparent le Canada de la France. Arrivée à l’aéroport Roissy- Charles De Gaulle (Paris) et pris le taxi , les rues sont calmes, même si des personnes se baladent. Le bruit va même s’accentuer à la gare de Lyon. A l’heure du confinement, nombre de voyageurs se déplacent au sein de l’aérogare, une foule, un jour comme les autres. Aucune vérification ne m’a été faite. Seule une information au micro de la gare est annoncée régulièrement : »En raison du COVID-19, vous devez être munis d’une attestation de déplacement dérogatoire ainsi que d’une pièce d’identité. » Quelques policiers et militaires patrouillent et répondent aux inquiétudes des passagers.

Dans le train, le sommeil et la fatigue sont présents sur le visage des Français. Ce qui est sûr, c’est que le COVID-19 laissera des traces éternelles dans le monde…

Solène ANSON