Les trottinettes électriques, un moteur dans la transition écologique ? - Le Lumière

Les trottinettes électriques, un moteur dans la transition écologique ?


Au début du mois de février, vous avez pu rencontrer de nouvelles trottinettes électriques en libre accès, principalement sur la Presque-île. Il s’agit de celles de la marque suédoise VOI qui viennent faire concurrence aux Limes tout en étant au mêmes tarifs. Les trottinettes électriques en ville sont tendances et de plus en plus utilisées. De nombreux étudiants l’utilisent, que ce soit la nuit pour rentrer de soirée, ou en journée, pour rejoindre leur arrêt de tram par exemple. A Lyon, la marque californienne Lime (présente depuis septembre 2018) et VOI déploient des trottinettes électriques en libre-service, en « free-floating ». Celles-ci sont disponibles où vous voulez et quand vous voulez excepté la nuit puisque celles ci sont rechargées. C’est en partie là que le bât blesse. En effet, les start-up emploient des auto-entrepreneurs, appelés « Juicers » ou « Hunters« , pour recharger les engins. Cependant, ces derniers sont encombrants, la charge est longue (entre quatre et cinq heures) et rémunérée entre 5 et 20 euros par trottinette. Les « juiciers » ont donc intérêt à en récupérer le plus possible. L’entreprise conseille d’utiliser des 4×4, des camions ou camionnettes, en somme, des grosses voitures, qui, on le sait, fonctionnent pour la plupart au diesel et polluent donc beaucoup. On peut alors s’interroger sur les bienfaits écologiques et sociaux de ces trottinettes électriques dans un contexte de revendication citoyenne de transition écologique. Chacun est acteur dans cette transition et l’on peut se demander si utiliser ces trottinettes électriques souvent dites « propres » est réellement un mode de déplacement « doux » et durable, d’autant plus lorsque l’on sait que le mode de recharge semble encourager la précarité.

Auteure : Camille GRANJARD, 08/02/2019, Rue de la République, Lyon

Elles permettent effectivement aux utilisateurs de gagner du temps sur un trajet qu’ils auraient pu faire à pied, en transport en commun, en voiture ou en scooter. Il faut cependant préciser que leur prix d’utilisation incite davantage aux petits déplacements, puisque la location coûte 1 euros puis 15 centimes la minute. Un trajet de 10 minutes sera donc facturé 2.5 euros, mais il faudra compter 15 euros pour une heure. Un prix qui peut faire frémir les utilisateurs de Vélo’v qui ont entre 14 et 25 ans et qui peuvent ainsi bénéficier de tarifs très abordables avec leur abonnement de 16.5 euros/an, la première demi-heure gratuite et la suivante à 5 centimes/minute, puis 10 centimes/minute… Alors, où est véritablement l’avantage de ces trottinettes qui sont constituées de batterie non-recyclables ? Qui sont rechargées chaque nuit à l’électricité provenant, entre autres, d’une centrale nucléaire ? et qui soutiennent l’uberisation de l’économie voire de l’espace public ? Elles sont en effet disposées sur les trottoirs, parfois en grand nombre (le matin, lorsqu’elles sont déposées par le Juicer qui les a rechargées) et parfois au milieu du passage par des utilisateurs peu consciencieux. Pour des petits trajets, pour rejoindre le tram par exemple, ne pourrait-on pas préférer les transports réellement écolos, comme bien sûr la marche à pied, mais aussi le vélo, le skate, ou les trottinettes qui nous font faire de l’exercice, celles qu’il faut pousser avec notre propre énergie musculaire parce que si, c’est possible !