Les Manifestations au Liban : Une crise politique presque inaperçue en France - Le Lumière

Les Manifestations au Liban : Une crise politique presque inaperçue en France


Le constat économique est clair et net, le Liban est actuellement en train de traverser sa plus grosse crise depuis la guerre civile qui a rongé le pays en 1979. Le peuple a donc décidé de prendre les rues de Beyrouth dénonçant principalement la corruption de l’élite politique et demandant pour y remédier, des élections anticipées et le changement de la classe politique, et sa cause est plus que légitime au regard de la réaction de Said al Hariri, ancien premier ministre qui démissionna le 29 octobre, seulement quelques semaines après le début des oppositions.

Le fait est qu’aujourd’hui un peu plus du quart de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté et a besoin de changements rapides et efficaces. Le Liban a bien réussi à récolter plus de 10 milliards de promesses de dons internationales lors d’une conférence à Paris en 2018, mais ces promesses ont été faite à condition de voir des réformes dans la structure des institutions du pays, et faute d’avancée sur ce plan, aucun versement ne risque d’avoir lieu. Le changement doit donc venir de l’intérieur, dans un pays où les élites sont corrompues et refusent de restructurer le système et où le Hezbollah semble participer à ce processus, le peuple est peut-être le seul capable de mettre le gouvernement sous pression.

L’élite et la corruption sont les principaux ennemis des manifestants, et face à ces mouvements, la caste politique a la peau dure : alors même que Said Hariri avait démissionné de son poste le 29 octobre, il est aujourd’hui pressenti pour prendre la succession de son propre poste. En tant que Nation aux tensions palpables, le Hezbollah, principal parti chiite libanais fait office d’opposition aux manifestations anti-gouvernementales, selon Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, le vide au pouvoir mènera à l’effondrement du pays prononçant des paroles clairement opposées à celles du Président, qui était dans une optique de négociations. Ces différentes prises de paroles permettent cependant de mettre en lumière les multiples oppositions au sein du gouvernement composé de musulmans chiites, sunnites et chrétiens maronites. Le pays est clairement dans une impasse, un cercle vicieux et risque d’avoir du mal à s’en sortir au constat récents évènements qui n’ont provoqué que peu de changements.

La France qui du fait de son passé colonial, notamment par le dessin des frontières du Liban, va tenir ce mercredi une conférence internationale afin de sortir le pays de la crise politique, cela fut annoncé lundi par le ministère des affaires étrangères. Cette situation qui voit le pays s’enfoncer un peu plus chaque jour dans la pauvreté, caractérisé par un taux de chômage montant (30% chez les jeunes) et une population qui s’appauvrit (recul du PIB de 0,2%), était censé amener à la formation d’un nouveau cabinet, cependant les consultations afin de mettre en place un nouveau premier ministre ont été reporté d’une semaine.

Aujourd’hui les circonstances au Liban peuvent permettre d’espérer des changements positifs dans les jours à venir, cependant, force est de constater que la population va devoir traverser des moments difficiles avant de ressortir de ce contexte économique compliqué.