Le Tchoukball : un nouveau sport ! - Le Lumière

Le Tchoukball : un nouveau sport !


Mercredi, 21h30, j’attends Laurette qui sort de son entraînement. Transpirante, épuisée, mais avec le sourire. Quelle activité pratique-t-elle ? Un sport encore méconnu en France du nom de Tchoukball. Pour avoir vu de mes yeux ce sport original et innovant, je le trouve surtout extraordinaire ! Elle accepte de répondre à quelques questions afin de nous le présenter.

Bonjour Laurette, peux-tu te présenter brièvement ?

Bonjour, je m’appelle Laurette G ., j’ai 18 ans. Ma particularité est de pratiquer un sport que très peu de personnes connaissent. (rires). Il s’appelle le tchoukball. Tu le connais ? Non ?  Tu vois !

Depuis quand joues-tu au tchoukball ?

Je joue au tchoukball (tchouk pour les intimes) depuis 9 ans. J’ai d’abord commencé, pendant 8 ans, dans un club de campagne : Pont-de-Vaux. Cette année j’ai entamé ma neuvième année avec l’équipe de Lyon. Sans vouloir me vanter, j’ai aussi été sélectionnée en équipe de France -18 ans et adultes. Avec mon équipe de -18 je suis allée aux championnats d’Europe en Italie et avec l’équipe adulte féminine pour un grand tournoi à Genève.

Joli palmarès ! Mais d’où vient ce sport ?

Il vient de Suisse. Son créateur, Hermann Brandt, voulait inventer un sport avec de très faibles risques de blessures. Il voulait aussi que ce soit un sport qui prône des valeurs c’est pourquoi le tchoukball est un sport mixte. Il doit toujours y avoir au moins une fille sur le terrain.

Et en pratique, c’est le cas ?

En pratique c’est un sport sans contact. Un match oppose deux équipes de 7 joueurs et se déroule en trois fois quinze minutes. Les règles sont un peu compliquées à expliquer mais je vais faire de mon mieux. (rires)

C’est un sport qui mélange des règles de handball et de volleyball. Les temps de jeu jonglent entre des phases d’attaques et de défenses. L’équipe attaquante tire sur un « trampoline incliné » aussi appelé « cadre ». L’équipe défenseuse doit récupérer la balle avant que celle-ci ne touche le sol après un tir, dans le cas contraire le point est marqué. En revanche si l’équipe la récupère le jeu reprend son cours, à leur avantage.

La balle arrive à pleine puissance.

Attention, la balle ne doit jamais toucher le sol, auquel cas la balle reviendrait à l’équipe adverse directement. Ainsi pas de dribble autorisé. Seules les passes sont possibles, et pas plus de 5 avant de tirer.

Au fait, j’ai oublié de préciser deux particularités assez étonnantes. Les deux cadres sont à l’opposé l’un de l’autre sur les deux terrains. Et chaque équipe peut tirer sur n’importe lequel. Il n’y a pas de camp attribué au début. Seule règle : pas plus de trois tirs d’affilé sur le même cadre, peu importe l’équipe. En plus de ça, si le tir attaquant retombe dans la zone (comme au handball), le point n’est pas validé, pire ! Il est donné à l’équipe adversaire.

Je sais que c’est un peu compliqué mais le mieux serait d’aller voir une vidéo sur internet, ou mieux ! De venir nous voir joué ! (Sourire les yeux levés)

Les bleues défendent sur le tir de la joueuse blanche.
Si la balle rebondit dans la zone blanche, le point sera à l’équipe bleue.
Si les bleues récupèrent la balle après le tir, le jeu continue.
Si les bleues ne la récupèrent pas et qu’elle touche le sol, le point sera pour l’équipe blanche.
Réactivité de l’équipe de Lyon, défense.
Réactivité de l’équipe de Lyon en défense, qui suit le mouvement selon les passes de l’équipe adverse.

Effectivement, pas courant comme règles ! Tu parlais de valeurs telles que la mixité, d’autres sont-elles mises en avant ?

Le fair-play est très important. On ne joue pas contre des adversaires mais contre des partenaires de jeu. Pour moi, ils sont tous de ma famille. La solidarité et l’esprit d’équipe sont nécessaires lors des phases d’attaque mais aussi de défense. Sans ces deux valeurs, impossible de gagner.

Comment fonctionne les championnats et les matchs ? Il ne doit pas y avoir beaucoup de clubs pour que peu de personnes le connaissent.

Je serais incapable de dire combien de clubs il y a en France puisque de nouveaux naissent régulièrement. C’est un sport assez pratiqué dans les écoles de part ses valeurs et qui donne naissance à de nouvelles équipes. Malheureusement certains clubs ont du mal à se développer.

Il y a 5 ans on pouvait compter sur les doigts d’une main mais plus aujourd’hui. Surtout que maintenant il y a des clubs en France métropolitaine mais aussi à la Réunion. Le point négatif c’est que tous les clubs sont assez dispersés en France donc il est difficile de tous nous rencontrer. Pour cela, on n’a pas de matchs tous les week-ends mais des tournois sur deux jours. Pas de championnat pour nous mais une Coupe de France qui a lieu sur un seul week-end.

Ce qui est génial c’est que  beaucoup de pays commencent à l’intégrer, en plus de la France. Pendant les coupes internationales on a des équipes d’Allemagne, de Taïwan, de Hong-Kong (entre autres) qui se joignent à nous !

Personnellement qu’est-ce-que la pratique de ce sport t’apporte ?

Ce qui me plaît par-dessus tout c’est la mixité même si pour les compétitions internationales les filles et les garçons sont séparées… Mais l’idée que les filles et garçons de club sont égaux, que l’un a besoin de l’autre pour jouer et gagner est une revanche sur les inégalités hommes/femmes. Je me souviens qu’en primaire, quand on devait faire des équipes en sport les filles étaient toujours les dernières choisies parce que « moins douées ». Ici, il n’y a pas de plus forts ou plus faibles : toute l’équipe forme un seul et même joueur.

Merci à toi Laurette. Dernière petite chose.. Si nos lecteurs veulent voir de leurs yeux, comment peut-on vous joindre ?

Il suffit de rejoindre la page Facebook du Lyon Tchoukball Club.  En plus de ça, tous les premiers mardis du mois, à 19h30 à 21h au Gymnase Clémenceau (66 rue Bechevelin), l’entraînement est ouvert au public. Gratuitement. (Quand le confinement sera terminé!)

PHOTOS / Lucie Courtois, photographe professionnelle (Merci à elle pour sa participation !)