"Le local serait-il le dernier espoir de l'utopie?" - Le Lumière

« Le local serait-il le dernier espoir de l’utopie? »



Nul homme n’est une île, un film-documentaire de Dominique Marchais


Jeudi 04 avril 2019, l’Institut Lumière (Lyon 08) proposait le troisième long-métrage Nul homme n’est une île, un an tout pile après sa sortie, en présence du réalisateur Dominique Marchais, dans le cadre de la séance « Terre, le rendez-vous de l’écologie ». Le Lumière y a assisté, et a pu écouter le débat et les questions posées au réalisateur à la fin de la soirée.


Ce film d’actualité pose la question de la temporalité et du rapport au territoire et soulève les enjeux de la participation citoyenne à la vie locale comme moyen de retrouver du lien social, de déjouer l’économie capitaliste grâce à l’économie solidaire, et de se détacher des institutions. Au final, il met en valeur la beauté de notre environnement. Il est intéressant de noter que le film montre des actions européennes, de la Sicile à l’Autriche en passant par la Suisse, mais ne relate pas d’initiatives françaises. « La France est hors-champ » explique le réalisateur à la fin de la séance. Il voulait surtout se confronter à des cultures politiques différentes de la nôtre, avec un rapport à l’Etat et à l’autorité particulier.

Quel est le point commun entre une fresque murale du XIV siècle (dite « du Bon et du Mauvais Gouvernement, d’Ambrogio Lorenzetti ) exposée à Sienne (Italie), la coopérative agricole Le Galline Felici (« les poules heureuses ») en Sicile, l’architecte Gion Caminada en Suisse, et l’urbanisme moderne du village de montagne Vorarlberg, en Autriche occidentale ?

Le Bien commun est mis en lumière dans tous ces instants filmés, par des citoyens soucieux de s’investir dans leur vie quotidienne, pour défendre une cause écologique, économique et sociale : il s’agit de permettre le développement local soucieux de son environnement propre, en adaptant l’utilisation des ressources à l’espace et en soutenant la participation de chaque citoyen à ce processus de relocalisation à l’échelle locale face à une économie mondialisée, à un marché standardisé. Ces initiatives locales visent aussi et surtout à mettre en valeur la beauté du monde qui nous entoure, que nous devons partager et respecter. La manière dont les paysages sont filmés souligne la rupture entre l’urbain, les autoroutes et les centres commerciaux qui sont tous reliés par des réseaux – dont les aéroports, souvent filmés par le réalisateur quand il change de lieu – et la simple beauté d’un village de montagne, d’une forêt composée de multiples essences d’arbres, d’un terrain agricole partagé par une coopérative qui tente de faire croître la bio…

Si vous voulez vous faire votre avis et découvrir ces modes d’actions concrets, Le Lumière vous conseille vivement de voir ce film-documentaire, avec des beaux paysages longuement filmés, des citoyens investis dans leur vie quotidienne, et l’espoir d’alternatives possibles à l’échelle locale. Si ces initiatives citoyennes locales se multiplient, peut-être peut-on espérer qu’elles prennent le dessus sur le marché capitaliste et la politique à son service, au détriment du paysage, de l’environnement et des citoyens qui l’habitent.