La folle aventure des jardins partagés - Le Lumière

La folle aventure des jardins partagés


À l’heure du manger bon, manger bio, avoir une alimentation saine est la priorité des français. Récolter ses propres tomates, cultiver sa terre ou planter ses fleurs au cœur d’une ville, c’est désormais possible avec les jardins partagés. Rencontre à Lyon avec ces nouveaux citadins jardiniers.

C’est un rendez-vous hebdomadaire que ces « habitants jardiniers », comme on les appelle, ne manqueraient pour rien au monde. C’est au cœur de Lyon, dans le 7èmearrondissement, qu’ils se retrouvent aujourd’hui. Pelles, fourches, seaux, et leur bonne humeur, les jardiniers n’ont rien oublié.

À l’entrée du jardin, fermé par une simple clôture pour permettre à chacun d’y jeter un œil, les herbes aromatiques répandent leurs odeurs. À l’intérieur, des citoyens profitent de leur temps libre, le temps d’une heure ou deux, pour arroser leurs fruits et légumes fraichement plantés. Tout cela se fait sous l’œil bienveillant d’une bénévole de Passe-Jardins, une association qui anime les réseaux de jardins partagés en région Auvergne-Rhône-Alpes. « C’est un moyen de remettre les mains dans la terre même quand on habite en ville !» se félicite la bénévole.

Des jardins inspirés des community gardens de New York  

Les premiers jardins communautaires, ou community gardens, ont vu le jour dans les années 1970 à New York. Le principe ? Des habitants d’un même quartier remettaient à neuf d’anciennes friches pour en faire des lieux de culture, de partage et d’évènements en tout genre. Chacun vivait au rythme des jardins. 

En France, ce n’est qu’à partir de 1980 que les premiers jardins partagés, ou jardins ouvriers, ont ouvert leurs portillons. À l’origine, les jardins étaient destinés aux ouvriers, afin d’améliorer leurs conditions de vie et subvenir aux besoins de leurs familles. Ils étaient aussi un moyen de faire des rencontres en dehors de l’usine. Ces espaces verts étant des lieux de convivialité et d’échange. 

Aujourd’hui, les objectifs n’ont pas changé. « Les jardins sont un moyen de cultiver ses propres légumes et herbes aromatiques en bas de chez soi, mais aussi de faire connaissance avec ses voisins » explique la bénévole de l’association Passe-Jardins. La seule règle ? Être volontaire et avoir envie de jardiner. 

Bien plus qu’un simple potager de quartier  

« Les habitants jardiniers sont une grande communauté » affirme la bénévole. En effet, les parcelles de terre sont individuelles mais toutes les décisions sont prises collectivement par les habitants d’un même quartier. Mais pas seulement. Les jardins sont ouverts à tous les citoyens, sans conditions d’âge ou de ressources. Ainsi, certains jardins sont destinés à des entreprises, d’autres aux enfants pour des ateliers pédagogique et enfin, les jardins collectifs d’insertion sociale permettent à des personnes en situation difficile de reprendre goût à la vie. 

La proximité avec la nature

Finalement, tous ces jardiniers partagent des valeurs communes : l’amour de la nature et de l’environnement. Les habitants jardiniers sont initiés à l’éco-jardinage : interdiction d’utiliser des pesticides et autres produits chimiques. Les jardiniers ne jurent que par les engrais naturels, comme le compost par exemple, qu’ils fabriquent eux-mêmes. Les jardins partagés sont ainsi de véritables havres de paix pour les amoureux des arbres et des plantes. 

Aujourd’hui, l’association Passe-Jardins, qui a fêté ses 20 ans d’existence cette année, comptabilise 424 jardins partagés en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’aventure est loin d’être terminée.