Histoire au sein de la Mafia - Le Lumière

Histoire au sein de la Mafia


Histoire: La Mafia New-Yorkaise


Le 14 mars dernier, le chef d’une célèbre famille mafieuse New-Yorkaise a été tué par balle à Staten Island, New York. C’est la première fois depuis 35 ans, qu’un tel règlement de compte a lieu au sein d’une sphère publique. Le Lumière se propose donc de faire un retour sur l’histoire de la (tristement) très célèbre mafia New-Yorkaise.


La prohibition comme rampe de lancement

En 1919, le 18e amendement de la Constitution américaine signe l’interdiction de fabriquer, transporter, importer, exporter et vendre de l’alcool : c’est la prohibition. Le but est, pour le gouvernement, de limiter et réduire les crimes et la corruption. La mesure a cependant l’effet inverse. En effet, les immigrés prennent le contrôle des trafics illégaux et de la contrebande dans les quartiers populaires. Les immigrés italiens, d’abord confinés à Ellis Island, sont ensuite lâchés dans Brooklyn où ils prennent rapidement le contrôle  des paris, des loteries, de la prostitution, de la restauration, du tabac, du textile, de la construction et plus tard de la drogue. Ils surpassent bientôt les autres clans d’immigrés d’autres origines (juifs, irlandais…) et font bientôt main basse sur les quartiers populaires où ils règnent en maîtres incontestés. Le « travail » s’effectue en famille, en cercle très fermé et très protégé, chacun essaie de s’en sortir à sa manière.

Bientôt, des rivalités entre les différents clans s’installent. Alors qu’en apparence, le travail est honnête et suit les conventions, en coulisse, l’argent est blanchi et accumulé. Les clans s’opposent et les victimes (uniquement des hommes) sont nombreuses. Les guerres de territoires s’étendent bientôt dans toute la ville. Pour y mettre fin, la ville est divisée en cinq territoires, chacun attribué à une des Cinq Familles les plus puissantes, toutes dirigées par un chef, un « parrain » :

  • Les Lucchese
  • Les Gambino
  • Les Bonnano
  • Les Genovese
  • Les Colombo

Les Cinq Familles, au sommet de la criminalité

Giusseppe Masseria

La division de la ville en territoires signe le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de la mafia, celle de la « Cosa Nostra » (Chez nous). Giusseppe Masseria, ex-lieutenant de Guiseppe Morello, considéré comme l’ancien «unique» parrain New-Yorkais, se proclame Capo Di Tutti Capi (chef des chefs). Un code d’honneur est alors écrit et une hiérarchie est créée. Sa vision d’un chef unique à la tête de la mafia ne parvient pas à faire l’unanimité et il est assassiné par ses lieutenants et un système de « conseil des cinq familles » est proposé. Les chefs de familles sont réunis, et prennent les décisions. Même si le rôle de Capo Di Tutti Capi ne disparaît pas, son aspect auto-proclamé ne le rend pas officiel. La mafia fonctionne en effet sur un système de puissance et de respect. Le chef des chefs serait donc, en théorie, celui avec le plus de pouvoirs.

Les Cinq Familles dirigent ainsi en coulisse le crime organisé. Ceux-ci ont principalement lieu sur l’île de Manhattan et ses quartiers, qui constituent les centres névralgiques de leurs activités. Cela ne les empêchera pas de s’exporter à Chicago et à imposer leur domination à de nombreux autres endroits en Amérique. Cependant, l’apparition des cartels mexicains de la drogue met à mal une bonne partie de leurs activités ainsi que leur monopole. Aujourd’hui plus discrètes, les Cinq Familles et la mafia existent cependant toujours, bien que leurs chefs respectifs sont difficiles à identifier, avant leur mort ou leur procès.

Puissance, synonyme d’influence

La Mafia New-Yorkaise base son fonctionnement sur les relations et les services rendus à des personnalités plus ou moins importantes. Pour évoluer, il leur a été nécessaire de faire grandir leur influence dans les différents milieux (politique, juridique etc.) ce qui leur a permis d’obtenir de la protection et de la proposer en échange de nouveaux services. Le secret et la confiance sont deux éléments vitaux dans les organisations mafieuses. Les activités illicites sont confiées aux plus dignes de confiance, la trahison est mal vue, et donne souvent lieu à des règlements de compte.