Élections Municipales : une défaite pour L'AKP ? - Le Lumière International

Élections Municipales : une défaite pour L’AKP ?


La perte des villes dynamiques comme Ankara et Istanbul aux élections municipales du 31 mai donne de l’espoir au Parti opposé, le CHP. Le Lumière est allé interroger l’ancien député du parti opposé Öztürk Yılmaz qui est aujourd’hui indépendant .


Les élections municipales qui ont eu lieu le 31 Mai ont été une défaite pour L’AKP, le parti politique dirigeant la Turquie depuis 2002. Recep Tayyip Erdoğan, le président autoritaire et islamiste est confronté à des résultats qui lui étaient inattendus. Les plus grandes villes comme Istanbul, Ankara, et Izmir ont été perdus. Istanbul, le centre économique, culturel, historique et la mégapole de la Turquie est désormais entre les mains du parti opposé, le CHP.

La crise monétaire serait-elle une des raisons de cette défaite ?

Après l’arrivée du président Recep Tayyip Erdoğan le lira turque a beaucoup perdu sa valeur. Les querelles entre Erdoğan et Trump en été 2018 ont rendu pire la situation. Aujourd’hui 1 lira turque ne représente que 0,16 euros. Cette décroissance a beaucoup influencé les commerçants et la totalité de la population. Les prix ont augmenté alors que les salaires restent insuffisants pour la vie. L’écart entre les riches et les pauvres se démarque plus que jamais. Cette défaite aux élections municipales est une victoire pour les partis opposés qui ne supportent plus le règne du président.

Évolution du taux de change de l’Euro par rapport à la livre turque depuis 1999 :

source :https://www.wikiwand.com/fr/Lire_turque
https://www.wikiwand.com/fr/Lire_turque

La victoire de CHP, le parti opposé

Les supporteurs des partis opposés ont fêté cette réussite sur les réseaux sociaux. Pour les opposants <<Le printemps>> serait enfin arrivé . Ces élections ont affaibli l’Akp qui a de plus en plus de pouvoir. Cette défaite symboliserait  »un souffle d’espoir » pour l’opposition.

L’Akp a pris le pouvoir sur toutes les institutions contrôlant la Turquie au fil des années. Aujourd’hui les médias sont achetés et la liberté d’expression a des conséquences affreuses : en 2017, 73 journalistes étaient toujours emprisonnés. Les manipulations se font par les médias et les affiches de propagande sont de plus en plus présentes dans chaque quartier. Beaucoup parlent de <<dictature>> même si la Turquie serait <<une démocratie>> selon le président Recep Tayyip Erdoğan. Pour les opposants, ces élections représentent une très grande victoire face au régime résistant.

Anne Hidalgo, la maire de Paris s’est aussi exprimé sur twitter et a fait part de son bonheur vis-à-vis de cette victoire des opposants:

Interview avec Öztürk Yılmaz, député indépendant et un ancien du CHP.

La gouvernance d’Erdoğan qui est de plus en plus répressif et autoritaire serait-elle en danger ? Erdoğan changera-t-il de stratégie ? Mettra-t-il en place une gouvernance plus libérale et démocratique ? Öztürk Yılmaz, un député indépendant répond à ces questions pour nous les étudiants de Lyon 2.

Öztürk Yılmaz parle pour le Lumière