Le Vote Blanc, cet oublié démocratique qui enfle ! - Le Lumière

Le Vote Blanc, cet oublié démocratique qui enfle !


L’échéance du scrutin présidentiel arrive à grand pas. D’après les spécialistes, c’est bien la première présidentielle où le résultat du scrutin est le plus incertain. Cela vient notamment des différents rebondissements, de la volonté de changement politique, et de non certitude du vote des électeurs actuellement rendant les sondages peut être loin de la réalité. Aussi, l’abstention risque d’être importante. Il plane sur cette présidentielle un suspense sûrement dû au fait qu’une bonne partie des électeurs[i] ne se reconnaissent pas dans le choix politique proposé.

 

Constitutionnellement, depuis 2014, les votes blancs sont comptés mais pas comptabilisés dans une élection. Il est différencié du vote nul dans les décomptes des suffrages exprimés. Cependant ce suffrage ne rentre pas en compte dans la répartition officielle des suffrages exprimés, donc n’influence pas le résultat et la constitution d’une majorité absolue pour une élection. Nous pouvons donc nous retrouver dans une situation où lors d’une élection, une infime partie des électeurs peut constituer une majorité absolue quand le reste des citoyens ont voté blanc, nul ou se sont abstenus. Cela serait constitutionnel, mais pas totalement démocratique. Or il se ressort dans les avis d’opinion que davantage d’électeurs ne se sentent pas satisfaits de l’offre politique proposée aux différentes élections.

 

 

Le vote blanc apparait alors comme l’une des solutions que pourrait être l’expression d’un suffrage comme un autre, mais avec quand même une signification et une volonté parfois politique derrière. L’expression de ce vote est utile à tous les citoyens qui veulent user de leur droit de citoyen mais qui ne veulent pas voter pour un candidat précis ou par défaut. Néanmoins, il sert à faire passer un message fort aux institutions et aux politiques. Ce vote prend de nombreuses significations mais les plus importantes sont concernant la non reconnaissance des électeurs dans l’offre de programme et des candidats des partis, le rejet de la politique (parfois jugée trop politicienne), mais aussi de contestation (quelle qu’elle soit). La part du vote contestataire est loin d’être anodine. En effet, ce vote est généralement en faveur des extrêmes contre les partis de gouvernement. Ce vote est généralement un vote contestataire, exprimé par les deux extrêmes. La reconnaissance du vote blanc chamboulerait pas mal les résultats de sondage ainsi que les élections.

 

Dans plusieurs pays, cette évolution démocratique a déjà été faite, mais avec des formes constitutionnelles différentes. Au Pérou, par exemple il faut que les deux tiers des électeurs votent pour constituer un nouveau scrutin. Pour la Colombie c’est à la majorité, et permet de renouveler une seule fois une élection. Il est pris sinon la majorité des bulletins valides pour dégager un gagnant. D’autres pays comme la Suisse connaissent la majorité relative lors de second tour de scrutins majoritaire (ndlr : ayant obtenu le plus de voix, mais pas nécessairement la majorité absolue). Il ne reste plus qu’à choisir quel système la France décidera d’appliquer pour la reconnaissance du vote blanc sachant qu’une très large majorité des électeurs y sont favorables.

 

Cependant en attendant cette réforme constitutionnelle, il faut pouvoir donner la possibilité aux électeurs d’exprimer l’entièreté de leur volonté, même si le vote blanc n’est pas reconnu. Pour ce faire il a été créé une parade. Il existe un mouvement des citoyens du vote blanc. Il a pour but de pouvoir comptabiliser les votes blancs comme des suffrages exprimés, réellement. En effet, ils présentent des candidats pour les différentes élections (européennes, législatives…) et ont pour fonction de représenter les personnes qui souhaitent voter blanc. Ces citoyens non professionnels de la politique sont issus de la société civile. Ils sont étiquetés du parti du vote blanc et ont pour devoir de représenter les valeurs du parti. Concernant la présidentielle, s’il est élu, il doit réaliser la refonte constitutionnelle pour une France plus démocratique, et démissionner après. Concernant les autres élections, si un candidat de ce parti est élu au second tour, il n’accepte pas l’investiture et oblige donc le renouvellement du scrutin. Ce parti n’a pas pour vocation de tout faire pour gagner des élections. Il sert uniquement à exprimer un droit qui devrait exister dans une démocratie, celui de ne pas vouloir, et donc voter, pour un parti ou un candidat.

 

Actuellement, le mouvement a réussi à proposer quelques candidats concernant les européennes et législatives dernières. Monsieur Stéphane Guyot, actuel président du mouvement, s’est présenté à l’élection présidentielle, mais n’a recueilli que 9 parrainages. Cela est quand même problématique quand un individu se présente pour que des électeurs s’expriment pleinement sur leur volonté concernant le scrutin et la politique, qu’ils soient originaires de gauche ou de droite, alors que la constitution les censure.

 

Loin des clivages gauche/droite traditionnels, la reconnaissance du vote blanc apparait comme une volonté d’accroitre la démocratie en France, en laissant s’exprimer librement les électeurs.

 

[i] 86% des français sont favorables la reconnaissance du vote, dont 60% très favorables et 40% des français l’utiliseraient s’il était reconnu.