Le trafic d'ivoire persiste et signe - Le Lumière

Le trafic d’ivoire persiste et signe


Tué pour ses défenses, le plus grand mammifère terrestre est désormais une espèce en voie d’extinction. Pourtant, cela fait de nombreuses années que les ONG tirent la sonnette d’alarme. Chaque année, entre 25 000 et 30 000 éléphants sont abattus pour leurs cornes.

 

D’ici 16 ans, les éléphants d’Afrique auront disparu.

Les chiffres sont d’autant plus inquiétants pour l’éléphant d’Asie car il en resterait aujourd’hui moins de 50 000 à l’état sauvage contre 415 000 pour l’éléphant d’Afrique. A l’heure actuelle, les éléphants d’Asie et les éléphants de forêt d’Afrique sont en danger d’extinction. L’éléphant de savane d’Afrique est quant à lui une espèce vulnérable selon la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction)
Toutes les 26 minutes, un éléphant meurt. Le trafic d’ivoire ce n’est pas seulement s’en prendre à un éléphant adulte, des familles entières d’éléphants sont détruites.

Des lois sont en vigueur pour lutter contre le trafic d’ivoire mais restent inefficaces. La faute, en partie, à la corruption. Les autorités reçoivent des pots-de-vin et en échange elles ferment les yeux sur le braconnage et le trafic, facilitent le transport d’ivoire ou relâchent les trafiquants. Selon WWF, « trois facteurs compromettent gravement la lutte contre le trafic d’ivoire en Afrique centrale : la faible gouvernance, la corruption et l’évolution changeante du commerce. »
Un véritable marché de l’ivoire, illégal, est implanté sur le territoire africain. En 1997 et 2000 la CITES avait autorisé la vente d’ivoire en Namibie, Botswana, en Afrique du Sud ou au Zimbabwe. Ils pouvaient vendre de l’ivoire sous certaines conditions, écouler les réserves d’ivoires confisquées ou prélevées sur des dépouilles d’éléphants.

Entre 2002 et 2011, 60% des éléphants ont disparu en Afrique centrale. Le premier client ? L’Asie. Selon une étude menée par WWF, « les réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois (…) deviendraient désormais des acteurs clés du commerce d’ivoire. »
Premier importateur d’ivoire, la Chine a par ailleurs annoncé l’interdiction du commerce d’ivoire d’ici fin 2017. Trop tôt donc pour mesurer la portée de la décision. Symbole de sagesse, l’éléphant est réputé pour ses vertus médicinales en Asie. Ainsi, la Chine était à l’origine de 70% à 80% de la demande mondiale. A Hong-Kong, la loi n’entrera en vigueur que d’ici 2021.

En Europe, le commerce d’ivoire est interdit sous certaines conditions. Il est possible d’acheter des objets en ivoire s’ils datent d’avant 1975 (certificat à l’appui), ou s’ils sont entrés bruts au sein de l’UE avant 1990. Aux États-Unis, Donald Trump autorise les chasseurs américains à ramener des trophées d’éléphants du Zimbabwe et de Zambie jusqu’au 31 décembre 2018, une manière d’encourager la chasse.

Les éléphants ne sont pas les seules victimes. En effet, au moins 127 défenseurs de l’environnement ont été assassinés ces dernières années. Dernier en date, l’américain Esmond Martin, expert sur le trafic d’ivoire, poignardé le 4 février dernier à son domicile à Nairobi, au Kenya. Il avait tenu un rôle important dans l’interdiction du commerce d’ivoire en Chine.

Un nouveau dispositif pour lutter contre le trafic a aussi vu le jour. Il permet de relever les empreintes digitales d’un braconnier afin de l’identifier. « Il est ainsi possible de prélever toutes les empreintes, depuis celles des trafiquants qui ont coupé la défense, jusqu’à ceux qui l’ont emballée, transportée. Nous pourrons remonter les réseaux, grâce aux fichiers nationaux d’empreintes, et également constituer des preuves matérielles qui serviront devant les tribunaux. » expliquait David Cowdreyn responsable des campagnes d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) au Royaume-Uni. Il faudra donc attendre quelques années avant de pouvoir mesurer les effets de « cette poudre révolutionnaire. »