Gaziantep vs Lyon le point vue d'une syrienne - Le Lumière

Gaziantep vs Lyon le point vue d’une syrienne


Judy Meri, une jeune femme de 21 ans originaire de Syrie nous délivre les observations qu’elle a pu faire sur Lyon 2 depuis sa rentrée. Elle compare Lyon 2 à son ancienne université de Turquie.

 

Bonjour Judy, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Judy Meri, Je suis une élève à Lyon 2 et je suis en information-communication en deuxième année. Je suis Syrienne.

Pourquoi es-tu allée dans une université Turque alors que tu vivais en Syrie ?

La première raison c’est le fait que vivre en Syrie n’est pas bien pour la vie future des gens, même si la ville où j’habitais était plutôt sécurisée. La Syrie n’est pas un endroit où on peut avoir un meilleur avenir. J’ai donc continué mes études en Turquie. Mon éducation est très importante pour moi.

Est-ce que tu as passé un examen spécial pour venir étudier en France ?

Je n’ai pas passé d’examen, j’étais dans une école française en Syrie. La procédure a été assez facile.

Pourquoi as-tu choisi de faire de l’information et de la communication ?

Premièrement j’ai décider d’étudier le journalisme quand j’étais en Turquie et j’ai fait un an de journalisme là-bas. Pour moi c’était une passion, c’était quelque chose que j’aimais beaucoup faire. De manière générale, j’aime bien écrire, apprendre des nouvelles connaissances et je suis très curieuse comme personne. Peut-être que j’ai choisi cette formation parce que j’aime les médias et la partie scientifique des médias.

Que veux-tu dire par scientifique ?

Par exemple on étudie les médias d’un point de vue sociologique ou avec les exemples des publicités on étudie la science de la médiologie.

Peux-tu me parler des différences culturelles entre la Syrie et la France ? As-tu vécu un choc culturel ?

Ma vie en Syrie n’était pas aussi difficile que les autres personnes et je n’ai pas vraiment vécu la guerre. La guerre ne m’a pas vraiment affectée car j’ai quitté la ville où j’habitais très tôt. J’ai vécu dans un environnement qui avait une certaine ouverture d’esprit en Syrie. Mes parents étaient déjà venus en France. İls ont étudié et vécu de nombreuses années ici. C’est pourquoi je savais comment les gens vivaient en Europe. Mais il y a quand même quelque chose auquel je ne m’attendais pas, c’est la pâtisserie. Vous avez beaucoup de desserts !

Est-ce que tu peux me parler de la différence entre la relation professeur-élève en France et en Turquie ?

En Turquie les élèves doivent avoir beaucoup de respect envers les professeurs. Tu n’es pas du tout censé manger, parler et faire beaucoup de bruits sinon le professeur peut te virer.

Quand tu es venu à Lyon 2, étais-tu surprise de la manière avec laquelle les étudiants parlaient au professeurs ?

Oui ! En France il y a une relation plus amicale avec les professeurs. Ici les élèves peuvent demander ce qu’ils veulent et ils peuvent s’exprimer plus ouvertement et librement. Quand on pose une question les professeurs en France répondent d’une manière assez calme. En Turquie les professeurs sont strictes et très sérieux concernant ce genre de situations.

Est-ce qu’on a le droit d’interrompre les professeurs en Turquie, pour poser des questions par exemple ?

Oui on a le droit mais ça dépend aussi des professeurs. Parfois, certains peuvent se fâcher et conseiller à l’élève de se concentrer plus. Finalement, ils vont avoir tendance à mettre la faute sur l’élève s’il ne comprend pas.

Et est-ce que tu pense que les professeurs en France ont la même mentalité ? Est-ce qu’ils vont directement mettre la faute sur l’élève ?

Non pas du tout ! En France le professeur pense qu’il a n’a pas bien expliqué son cours, et essaye de réexpliquer d’une autre manière.

Est-ce que tu peux me parler d’autres différences que tu as pu observer ?

Je dirais qu’en Turquie les salles de classes sont meilleures : elles sont plus grandes, il y a plus de lumière. L’université était également plus propre. Par contre les restaurants universitaires en France sont meilleurs. Ce qui me manque le plus en Turquie, ce sont des espaces où il y avait des chaises et des bancs pour manger, discuter et fumer.

Tu auras aimé retrouver cette même place à Lyon 2 ?

Oui ça aurait été bien surtout quand il faut plus chaud ou au printemps. C’est comme un lieu de pique-nique où on discute avec les autres. C’est bien aussi quand on est entre groupes d’amis.

Est-ce que tu peux me parler de la différence entre l’institut de la communication de Lyon 2 et celui de Turquie ?

Les méthodes sont différentes parce qu’en Turquie ils n’utilisent pas beaucoup la technologie, alors que je pense qu’à notre époque, la communication ne peut pas être séparée de la technologie. Les professeurs en Turquie n’utilisent pas beaucoup de Powerpoint pour illustrer leurs cours. On doit écrire tout ce qu’ils disent sans avoir forcément de notes projetées sur le tableau, ils ne montrent que les exemples qu’on doit aller consulter de notre côté (films ou vidéos).

La méthode utilisée en Turquie est complètement détachée de l’univers dans lequel on vit. Je trouve que la méthode qu’utilisent les Français est plus moderne.

En général tu préfère l’université Turque ou l’université Française ?

Je dirais que j’aime plus les méthodes d’apprentissage en France.

Parlons maintenant des étudiants. Est-ce que les relations entre les étudiants sont différentes en Turquie ?

Je pense que les Turques sont plus amicaux. Par exemple, ils vont plus avoir tendance à aller vers les étudiants qui viennent d’arriver,à leur poser des questions sur eux. Alors qu’en France, je dirais que les gens sont plus individualistes. İls ont leurs amis évidemment mais ils sont aussi confortables quand ils sont seuls. Du coup ici si tu es seul il ne faut pas forcément attendre que des personnes viennent vers toi.

Quelle est la différence entre la vie étudiante en France et en Turquie ?

En Turquie quand tu es dans une résidence étudiante tu dois partager ta chambre avec d’autres personnes.

La vie en dehors de l’université est aussi assez différente. En France les étudiants font beaucoup la fête, parfois plusieurs fois par semaine, alors qu’en Turquie les étudiants la font une fois maximum.

 

Judy Meri a aussi un blog. Certains de ces articles dévoilent les problèmes des états islamistes et les difficultés que posent ses origines. Pour apprendre plus sur la vie de cette jeune syrienne vous pouvez aller voir ses articles sur son site.