RETOUR SUR LE MEETING DE FRANÇOIS FILLON : UN PROJET POUR LA FRANCE. - Le Lumière

RETOUR SUR LE MEETING DE FRANÇOIS FILLON : UN PROJET POUR LA FRANCE.


Le mardi 22 novembre 2016, à Eurexpo, et ceci en pleine campagne pour le second tour des primaires de la droite et du centre, François Fillon, grand vainqueur de cette dernière contre Alain Juppé, a donné son grand meeting de campagne. En compagnie de son équipe, ainsi que de personnalités politique telles que Laurent Wauquiez ou encore Bruno Le Maire, François Fillon s’est exprimé sur ses projets qu’il tend engager pour la France s’il parvient à se hisser à la tête de notre pays. De mouvement de soutien tels « Sens Commun », l’UNI, par la « Manif pour tous », de Frigide Barjot étaient présents, sans oublier bien entendu des centaines de militants qui s’étaient déplacés. Retour sur le meeting de François Fillon !

Crédit photo : Clothilde Templier

« Fillon président ! Fillon président ! Fillon président… » quel accueil de folie les militants Fillonistes ont réservé à leur champion. Malgré la moitié des chaises vides présentes dans la salle, l’entrain était au rendez-vous. Nous avons même croisé des enfants, dont un collégien de 15 ans que nous avons interviewé, engagé politiquement, je cite, depuis ses 12 ans, et qui soutient Fillon, comme sa maman : « Je l’aimais bien déjà quand il était premier ministre, même si j’étais tout petit (rires). Je me suis engagé à droite, parce que j’aimais pas la gauche, Fillon a gagné la primaire, et c’est une bonne surprise ! ».

Crédit photo : Clothilde Templier

 

Le meeting a donc commencé, aux alentours de 20h. Bruno Lemaire, candidat battu au premier tour de la primaire, a d’abord pris la parole pour exprimer son soutien à François Fillon : « Cher François, est-ce que je te soutiens ? Oui. Est-ce que je souhaites que tu gagnes la primaire ? Oui. Est-ce que je souhaite te voir élu président de la République en mai 2017 ? Oui. ». Ce fut ensuite au tour de Laurent Wauquiez, comme vous le savez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de s’exprimer. Position claire également, après un éloge de la ville de Lyon et de sa région : « François tu le sais, j’ai soutenu Nicolas Sarkozy, j’ai défendu les valeurs auxquelles je suis attaché. Je l’ai fait avec toutes mes convictions, et je ne regrette rien […]. Avec dignité, il t’a apporté son soutien, pour l’intérêt de la France, et car tu seras préservé l’unité de notre famille. Je tenais ce soir à lui rendre hommage devant nous tous […]. C’est pourquoi je t’apporte mon soutien. »

Crédit photo : Clothilde Templier

 

Crédit photo : Clothilde Templier

 

C’est enfin, sous les applaudissements et les cris de joie du public que François Fillon, tant attendu, a fait son apparition devant ses militants. C’est après avoir qualifié sa campagne de, je cite, « bataille populaire », et revenu sur son adversaire Alain Juppé, avec beaucoup de respect, sans, bien entendu, oublier de souligner les divergences sur leurs programmes électoraux respectifs, que l’ancien Premier Ministre a entamé son discours. Nombre de points ont été évoqués : la famille, l’école, l’immigration, le terrorisme, l’économie, la santé, mais aussi le quinquennat je cite catastrophique de François Hollande.

« Un peuple libre »

Porté par « l’énergie et l’envie du peuple », François Fillon a entamé son discours en rappelant que la France s’est, au fil du temps, hissée parmi les 5 grandes puissances mondiales, nation « construite par des hommes et des femmes qui ont travaillé sans relâche ».

Concernant l’emploi, Fillon souhaite dans un premier temps revaloriser l’apprentissage. et son rapport à l’entreprise, mettre fin au culte exclusif du diplôme et aux emplois aidés et redéployer les fonds associés vers l’apprentissage pour supprimer toutes les charges sociales sur les apprentis. Sur la même lignée, le candidat souhaite multiplier par deux le nombre de jeunes employés en alternance. Le chômage est aussi une de ses mesure phare ; le candidat souhaite y remédier tout d’abord en ne laissant aucune offre d’emploi sans candidat, mais surtout en plafonnant les allocations chômage à 75%, tout en sanctionnant les refus successifs d’emplois. Le candidat est radical concernant la fonction publique, et a réaffirmé qu’il souhaite supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, réduire les effectifs de la fonction publique de 10 %, notamment en passant aux 39 heures, revoir le mécanisme de revalorisation du smic pour éviter l’inflation des salaires, et enfin supprimer des avantages aux fonctionnaires. Pour le budget, Fillon réduirait les dépenses publiques de 100 milliards d’euros.

Crédit photo : Clothilde Templier

Les propos de l’ancien Premier ministre ont été très clairs concernant la laïcité, qui selon lui n’est plus respectée de nos jours. Aussi, il s’est de surcroît exprimé sur le burkini, et a déclaré être favorable à une loi, je cite, anti-burkini. En enchainant sur l’immigration, François Fillon milite tout d’abord pour rendre « plus sévères les conditions » du regroupement familial « en ce qui concerne les ressources, le logement, la durée de résidence du regroupement et la maîtrise de la langue par l’ensemble de la famille ». Il souhaite aussi ne pas délivrer de titre de séjour longue durée sans « perspective d’intégration ». Aussi, modifier la Constitution pour ajouter un passage sur l’immigration est un des projets du candidat, qui souhaite inscrire dans la Constitution le principe selon lequel l’immigration dépend de la capacité d’accueil et d’intégration de la France. Ensuite, le candidat a bien affirmé ses positions en souhaitant interdire les prestations sociales aux étrangers qui n’ont pas résidé en France de manière régulière depuis deux ans. Enfin, il veut fixer un critère d’assimilation des étrangers pour l’obtention de la nationalité française.

Le candidat a enchaîné avec le thème de la sécurité, sur lequel il s’est longtemps arrêté. Problème social, Fillon souhaite faire renaître un climat de sécurité qui selon lui a déserté la France sous le quinquennat de François Hollande. Pour cela, le vainqueur de la primaire de la droite et du centre souhaite créer une carte nationale d’identité biométrique, juger les terroristes pour « intelligence avec l’ennemi », interdire les rassemblements publics que les forces de l’ordre ne seraient pas « capables de protéger », tout en créant un grand ministère de l’intérieur. Il veut aussi appliquer la « tolérance zéro » vis-à-vis des djihadistes avérés ou présumés, et enfin retirer la nationalité aux Français partis en Syrie ou en Irak et leur interdire de revenir sur le territoire. Aussi, le candidat est favorable à l’armement des policiers municipaux.

L’école et l’éducation sont aussi des mesures phares du candidat, et fera s’il est élu, de l’éducation sa priorité. Il souhaite dans un premier lieu réformer la direction des établissements en donnant aux chefs d’établissement des pouvoirs dans la gestion des enseignants, mais c’est surtout sur l’école primaire que se concentrent ses propositions. En effet, Fillon veut  se concentrer sur les enseignements « fondamentaux »: la lecture, le calcul, l’écriture, les grandes dates et grands personnages de l’histoire de la Nation, ainsi que la géographie de la France et des régions, tout an fixant le début de la scolarité obligatoire à cinq ans. Enfin, il a exprimé le souhait d’imposer l’anglais comme première langue obligatoire.

Sur la santé, les positions du candidat sont on ne peut plus limpides. Il souhaite réformer tout le système de la santé, en passant par 8 mesures clés : revenir sur la généralisation du tiers payant, rendre l’équilibre des comptes de l’assurance-maladie obligatoire, réformer la carte hospitalière et réduisant le nombre d’hôpitaux, renforcer la Haute Autorité de santé (HAS), supprimer l’aide médicale d’État (AME), développer les maisons médicales et les structures de petites urgences, instaurer une franchise médicale « universelle », et rapprocher les médecines publiques et privées.

Enfin, François Fillon souhaite remettre au centre de la société le cercle familial, l’idée de famille qu’il juge indispensable. Très conservateur sur ce point, le candidat a évoqué qu’il n’ouvrirait pas la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples homosexuels, qui restera interdite aux couples de femmes et aux femmes seules. La gestation pour autrui (GPA) ne sera pas non plus légalisée. Il souhaite aussi supprimer la possibilité d’adoptions plénières pour les parents homosexuels. Il ne modifiera pas la loi sur l’avortement, ni celle sur le mariage pour toutes et tous.

Crédit photo : Clothilde Templier

Terminé par une marseillaise chantée avec conviction, nous sommes allés à la rencontre de militants. Deux jeunes filles ont témoigné pour nous :

« Bonsoir mesdemoiselles, vous soutenez la campagne de Fillon ?

– Non, on est venues ici parce-qu’on est en sciences-politiques et ça nous intéresse. On a écouté son programme et honnêtement non, c’est trop conservateur ! Puis son discours sur les étrangers ne me plait vraiment pas. »

Un militant a aussi pris quelques minutes pour répondre à nos questions :

 » Bonsoir monsieur, pensez-vous qu’il sera le futur président de la République ?

– Bien sûr.

– Pourquoi ?

– Déjà il va contrer Macron parce-qu’il n’a pas de programme. La gauche est morte, c’est la pagaille et le FN on n’en veut pas. »

Un étudiant en sciences-politiques encarté LR à aussi répondu à nos questions :

« Pourquoi les sondeurs se sont autant trompés sur les résultats, qui annonçaient Juppé grand vainqueur ?

– Je pense qu’il  y a un problème de méthodologie qui emmène les journalistes et sondeurs à exposer leur vision des choses et faire en sorte que le sondage reflète leurs pensées à eux. »

– Pourquoi Nicolas Sarkozy a perdu ?

– À cause de l’image qu’il véhiculait, je pense qu’il y a vraiment eu une lassitude de cet homme, puis le fait que les français ont envie de tourner la page et veulent tout sauf un second duel entre Hollande et Sarkozy en mai prochain. Quelque part il faut tourner la page et en écrire une nouvelle de notre cinquième République ! »

Nous avons croisé le responsable de campagne de François Fillon en Rhône-Alpes qui a accepté de répondre à nos questions :

« François Fillon va gagner ces présidentielles ?

– Oui pour deux raisons simples. La première est que la gauche est tellement basse dans les sondages, il est donc fort possible que le vainqueur de cette primaire soit en effet le futur président. Aussi, il nous fallait un candidat qui ait un projet, un projet rassembleur, de l’ensemble de la famille politique pour contrer les abstentions. On peut être vraiment confiant envers François Fillon qui a une réelle volonté de changer les choses ».

Frigide Barjot nous a elle aussi accordé un peu de son temps :

« Bonsoir madame, pourquoi vous et votre mouvement soutenez François Fillon?

– Écoutez, car François Fillon défend la réécriture de la filiation, pour effacer une filiation qui ne soit pas biologique entre les personnes de même sexe. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’enfants et qu’ils n’en élèvent pas, cela veut dire qu’ils retrouvent leur acte de naissance père et mère, et homme et femme. C’est tout, c’est ce que nous portions dans les ‘tous nés d’un homme et d’une femme », ce qui est écrit sur l’acte de naissance fonde la filiation de l’enfant, donc sa parenté qui peut être déléguée à un conjoint de même sexe d’accord ? On ne remet pas en cause les droits d’union, d’éducation.

– La mariage pour tous ne vous dérange pas ?

– Non pas du tout. L’enfant doit juste connaitre ses géniteurs et avoir une relation naturelle avec ses parents. »

En sortant de la salle, un homme qui portait un tee-shirt où était écrit en gros « Je vote Nicolas Sarkozy » a attiré notre attention ; nous sommes allés à sa rencontre :

« Bonsoir monsieur, pourquoi vous portez un tee-shirt « Je vote Nicolas Sarkozy » à un meeting de François Fillon ?

– Tout simplement parce-qu’il y a eu du « Sarko » ce soir dans la salle (rires). C’est pas de la provocation, je suis de la même famille politique. C’était vraiment pour qu’il soit un peu avec nous ce soir, c’est très symbolique. »

Pour clore cet article,  précisons que l’UNI, l’Union nationale inter-universitaire, à deux reprises et avec une grande gentillesse, a refusé de répondre à nos questions.