Raise vibration, élever ce qui a été détruit. - Le Lumière

Raise vibration, élever ce qui a été détruit.


« The war won’t stop as long as we keep dropping bombs ».

« La guerre ne s’arrêtera pas tant que nous continuons à laisser des bombes ».

 

 

           Aujourd’hui, vous allez, sans doute, soit rester pénards chez vous parce que vous avez quitté la case L1, soit découvrir avec engouement que la période d’intégration vous offrira des pastèques et des melons frais.

En tout cas, aujourd’hui, il est peu probable que vous ayez lu la date en pensant de suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Pourtant, la troisième chanson Who really are the monsters du nouvel album Raise Vibration de Lenny Kravitz, sorti le 08 septembre 2018, semble en être un écho. Indirectement, la rockstar new-yorkaise dénonce la guerre, qui peut prendre un sens plus élargi que le terrorisme, à travers le prisme du cercle vicieux. La phrase reste claire, « nous » ce sont les occidentaux caractérisés par les bombes. On peut de suite se demander : est-ce une récurrence chez Lenny Kravitz de politiser sa musique ?

Concert à Philadelphie
lors du dernier jour de la Democratic National Convention 
qui célébrait l’admission de la candidature d’Hilary Clinton à la présidence des Etats-Unis.

 

        A en écouter l’album qui réunirait ses Greatest Hits, son écriture serait axée sur l’apologie de l’amour, des demoiselles et (donc ?) du sexe. Mais sa carrière qui débuta en 1989 avec Let Love Rule, n’a pu se limiter à ces thématiques. Let Love Rule (« Laisse l’amour régner en sa loi ») dans son essence onomastique même indique déjà que l’amour et la loi- rattachée à la vie en société, à la polis- sont associés. Dans certains anciens titres, son engagement était déjà explicit : « This world’s so polluted (écologie) ; a burning cross (racisme) » (in Does Anybody out there even care, de Mama said, 1992). Ce caractère explicit se trouve plus dans les paroles que dans le style musical. En effet, ce mélange de styles blues, rock, funk et soul ; qui ont bercés son enfance lorsque que ses parents avaient pour amis Duke Ellington, Nina Simone ou encore Ella Fitzgerald ; se propagent dans n’importe quels titres et le pas dansant est irrésistible. Pour cela, Raise vibration ne se place aucunement en tant que déception musicale. Le rythme de la batterie, que Lenny Kravitz guide lui-même, est toujours présent et les chœurs l’accompagnent toujours. Pour les plus grands fans d’entre nous, vous retrouvez dans Low (Raise vibration, 2018) les même breaks typiques et syncopes que dans Frankenstein (in Strut, 2014) ou bien finalement dans Raise Vibration, le titre, la guitare électrique vous rappellera ce timbre grunge typique de l’ancien et mythique American Woman (5, 1999). En somme, le passionné ne s’arrête jamais, affirmant lui même qu’il se réveille la nuit pour écrire ses mélodies qui le traversent- ce qui nous dessine un portrait idéaliste et compulsif du musicien. Un musicien qui rend hommage à ses confrères que ce soit dans It’s enough où il réintègre les paroles d’imploration d’un monde plus juste que Marvin Gaye avaient écrites ou que ce soit dans Low où les aigus surprenants de Michael Jackson retentissent pour dynamiser le flow rythmique. Et de ses séduisantes dreadlocks s’évapore un charme qui nous invite à réécouter Johnny Cash (cinquième chanson du même nom) si nous sommes plongés dans le désarroi ou plus fortement en deuil comme le fut le cinquantenaire lors de l’annonce de la mort de sa mère.

Le multi-instrumentiste jouant de la batterie dans le clip officiel de Low 
de son 11ème album (Raise Vibration, 2018) disponible sur Youtube : 
https://www.youtube.com/watch?v=BilaShsQphM

 

            Finalement, Raise vibration est à conquérir si on souhaite retrouver le chanteur dans sa splendeur qu’elle soit parolière, rythmique ou mélodique. Quant à la douleur d’être face à une misère géopolitique sans fin ou face à celle de l’intolérance, qui n’a besoin d’exemples pour subvenir dans vos pensées, elle ne trouvera remède que dans les chanson qui louent l’amour, parce que parfois sous le drap de paroles simples, évidentes et de mélodies tendres, langoureuses, le sens de l’existence est dévoilé : We are here to love.