L’année 2017, sous le signe de l’amitié franco-colombienne. - Le Lumière

L’année 2017, sous le signe de l’amitié franco-colombienne.


     

Première année croisée organisée en Amérique du Sud après l’année France-Brésil en 2009, l’Année France Colombie se déroulera entre décembre 2016 et décembre 2017. L’occasion de  célébrer les deux pays et les relations qu’ils entretiennent.

 


L’accord de paix ratifié le 30 novembre, et tout le processus qui l’a précédé, montrent la volonté d’ouverture de la Colombie et l’amélioration de la situation interne du pays. Autant d’avancées qui seront accompagnées en 2017 par la France, afin d’actualiser et d’améliorer l’image de la Colombie en France et en Europe. Un objectif délicat à cause de l’histoire encore récente du pays. Il y a seulement 14 ans, la franco-colombienne Ingrid Betancourt, candidate à l’élection présidentielle colombienne, était enlevée par la guérilla des FARC, rejoignant quelques 1600 otages (selon les sources officielles). Un événement qui a permis de montrer aux français les conflits internes et la violence qui pouvaient être présents au sein du pays. Cependant les temps ont changé, et comme on peut lire dans de nombreux témoignages d’expatriés français, la Colombie est devenue un pays plus sûr, accueillant, mais où, comme ailleurs, il ne faut pas s’exposer n’importe où et n’importe quand.

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     L’année France-Colombie aura donc pour objectif de transmettre ces paroles, et de montrer que la Colombie est en pleine évolution. Comme il est écrit sur le site de l’ambassade française en Colombie, la France et l’Europe développent “une politique active de coopération avec la Colombie, visant à soutenir l’État de droit, à défendre les droits de l’Homme et le droit international humanitaire ou encore à lutter contre les causes de la violence, dont le trafic de drogue, et à venir en aide aux victimes de la violence”.

 

     Si la France permet d’aider le pays et la population, elle a également à gagner dans ces échanges. Bien qu’elle ait des atouts dans le pays d’Amérique Latine, tels une forte présence économique, avec 150 entreprises sur le territoire, une bonne relation politique, une très bonne image culturelle, un réseau de 12 Alliances françaises ou encore 130 accords de coopération universitaire, “l’enjeu est d’actualiser la perception de la France et de valoriser son expertise”. Autant d’éléments à concrétiser en une année divisée en deux saisons : tout d’abord de décembre 2016 à juillet 2017 avec une Saison française en Colombie, puis de juillet à décembre 2017 pour une Saison colombienne en France.

 

Tétémoignage: Un colombien nous raconte son pays à l’heure de décisions historiques

Le président colombien (g) et le chef suprême des FARC (d) encadrés par le président cubain Raul Castro. REUTERS, Alexandre Meneghini.

“Aujourd’hui 1er décembre 2016, nous pouvons dire officiellement que la guerre est finie” a déclaré le président colombien Juan Manuel Santos, au lendemain de la ratification d’un accord de paix historique avec les FARC. Après la victoire du non au référendum en octobre 2016, l’accord a été discuté avec la guérilla et une nouvelle version a été signée le 24 novembre. Le texte, qui met fin à plus d’un demi-siècle de guerre, prévoit le désarmement des FARC et leur transformation en parti politique.

 

     L’accord de paix négocié a été approuvé à l’unanimité par les parlementaires présents. Ce sont 130 députés sur 160 et 75 sénateurs sur 100 qui ont voté “oui” au texte. Cependant certains parlementaires conservateurs, critiques de l’accord de paix, ont préféré quitter l’hémicycle plutôt que de participer au vote. C’est le cas de l’ancien président Alvaro Uribe, aujourd’hui sénateur.

 

     Cette homologation ne fait pas l’unanimité chez les colombiens, comme l’a montré le résultat du référendum du 1er octobre : Une victoire du non avec 50,23% des voix, soit 60 000 voix de plus que pour le oui.  Nombreux sont ceux qui ont protesté devant le congrès avec des pancartes et des slogans en faveur ou contre cet accord. Afin d’éviter des affrontements entre les deux camps, la police a dû intervenir. Des scènes qui représentent l’état du pays actuellement, scindé en deux : ceux contre l’accord et ceux pour la paix.

 

     Pour mieux comprendre pourquoi le pays est divisé, voici le témoignage d’un journaliste colombien, Carlos, qui vit à Santa Marta, en Colombie.

 

“Primero quiero decirte que el país está divido entre los que están a favor de los acuerdos de paz y los que no. Yo estoy a favor porque creo es necesario terminar este conflicto de 50 años.

“Premièrement, je souhaiterais dire que le pays est divisé par : ceux en faveur des accords de paix et ceux qui ne le sont pas. Moi je suis pour parce que je pense qu’il est nécessaire de terminer ce conflit de 50 ans.

Pero muchas personas están en contra porque piensan que los guerrilleros (las Farc) no merecen el perdón porque hicieron mucho daño al país, mataron, secuestraron, traficaron con droga y además muchos tienen miedo que si los guerrilleros llegan al poder Colombia se convierta en un país socialista como Cuba o Venezuela, donde la situación es muy complicada.

Cependant beaucoup de personnes sont contre car elles pensent que les guérilleros (les Farcs) ne méritent pas le pardon parce qu’ils ont fait trop de mal au pays, en tuant, en séquestrant, en animant les trafics de drogues, et beaucoup, également, ont peur que si les guérilleros prennent le pouvoir, la Colombie devienne un pays socialiste comme Cuba ou le Venezuela, où la situation est très compliquée.

Muchas de estas opiniones se deben a que durante años la prensa, los periodistas, exageraron sobre la guerrilla, lo que  ha hecho daño en la opinión pública. La gente piensa no por si misma, sino por lo que leen o ven en la prensa, y la prensa ha estado ligada al poder, al sistema y la utilizó para “satanizar” a la guerrilla. Claro ellos no fueron unos santos.

Beaucoup de ces opinions sont dues au fait que, pendant quarante ans, la presse, les journalistes, ont exagéré sur la guérilla, ce qui a fait des dommages dans l’opinion publique. Les gens ne pensent pas par eux-mêmes, mais par ce qu’ils lisent ou voient dans la presse, et la presse est liée au pouvoir, au système, qui l’utilise pour “sataniser” la guérilla. Clairement, eux ne sont pas des saints.

Normalmente las personas que están en contra de los acuerdos nunca sintieron el rigor de la guerra y creen que es fácil con la fuerza derrotarlos. Paradójicamente los  que vivieron la guerra, que sufrieron de familiares muertos, secuestros, son los que quieren la paz.

Normalement les personnes qui sont contre les accords n’ont jamais éprouvé la rigueur, l’horreur de la guerre et ils pensent que c’est facile avec la force qui les bat. Paradoxalement, ceux qui ont vécu la guerre, qui ont souffert des familles mortes, séquestrées, sont ceux qui veulent la paix.

El futuro

Le futur

Los acuerdos se implementarán, muchas personas van a estar en contra y complicarán el proceso pero la guerra ya no tiene sentido. A todos los colombianos les conviene que se acabé la guerra.

Les accords vont être exécutés, beaucoup de personnes vont être contre et vont compliquer le processus, mais la guerre n’a pas de sens. Il convient à tous les colombiens que la guerre se termine.

Hace unos años la guerra le convenía a muchos: al gobierno la servía porque podía excusarse en que la culpa de todos sus males era debido a la guerrilla, a los militares porque ganaban más, pero ahora el país quiere inversión extranjera,  quiere que haya turismo  y necesita que exista paz.

Cela fait plusieurs années que la guerre convient à plusieurs : elle sert au gouvernement car il peut s’excuser en accusant la guérilla d’être la cause de tout ce qui se passe de mal. Elle sert aux militaires car ils gagnent plus d’argent, mais aujourd’hui le pays souhaite un investissement étranger, il veut qu’il y ait du tourisme et pour cela il faut que la paix existe.

Sin embargo el problema más grande que tiene el país es la corrupción. Las Farc nacieron combatiendo las diferencias sociales que  existen en el país, y si esas diferencias sociales no se mejoran puede resurgir la violencia y quizás peor que antes, porque serían con grupos sin ideología.

Cependant, le plus grand problème qu’a le pays est la corruption. Les Farcs sont nés en combattant les différences sociales qui existaient dans le pays, et si ces différences sociales ne s’améliorent pas, ne s’ajustent pas, la violence pourrait ressurgir et peut-être même de manière pire qu’avant, parce qu’ils seraient avec des groupes sans idéologies.

La falta de oportunidades crea problemas graves. Así que el reto de Colombia es grande, debe mejorar las condiciones de vida de sus habitantes y aprender a vivir en paz.”

Le manque d’opportunités crée de graves problèmes. Ainsi, le défi de la Colombie est grand, elle doit améliorer les conditions de vie de ses habitants et apprendre à vivre en paix.”

Pour avoir plus d’informations sur l’année France-Colombie, visitez le site dédié à cet événement : francecolombie2017.com