[ITW] Eugénie Le Sommer: "L'objectif sera d'aller le plus loin possible avec l'Equipe de France" - Le Lumière

[ITW] Eugénie Le Sommer: « L’objectif sera d’aller le plus loin possible avec l’Equipe de France »


Du 7 juin au 7 juillet, la France aura l’honneur d’accueillir la Coupe du Monde Féminine. Alors que les demi-finales et la finale se dérouleront à guichets fermés au Groupama Stadium, les 2, 3 et 7 juillet prochain, l’attaquante tricolore Eugénie Le Sommer s’est confiée pour Le Lumière. Nommée en tant que meilleure joueuse aux trophées UNFP la saison dernière, la Bretonne de 29 ans espère remporter sa première Coupe du Monde avec les Bleues.

Quel votre parcours ?

Il est à la fois simple et composé de beaucoup de choses. Mais il y a constamment eu une ligne directrice, le football. Depuis toute petite, j’avais ça en moi et j’ai toujours eu cette envie de jouer. J’ai alors demandé à ma mère de m’inscrire en club, ce qu’elle a d’abord refusé. Mais à force de persévérance, j’ai obtenu à l’âge de 4 ans et demi ma première licence en club. J’ai ensuite fait toutes les catégories et joué avec les garçons jusqu’à l’âge de 14 ans.

Comment arrivez-vous à mêler football et études ?

Parallèlement, j’étais en sport-étude donc je faisais du football et j’allais à l’école. Dans chaque établissement à partir de la sixième, j’ai suivi un cursus sport de haut-niveau. Après avoir commencé en D1 à Saint-Brieuc en 2007 où j’ai fait trois saisons, l’Olympique Lyonnais est venu me recruter.

Vous avez plus de 100 buts à votre actif et de nombreux titres. Il ne vous manque plus qu’une Coupe du Monde pour que votre carrière soit remplie. Pensez-vous la remporter en juin 2019 avec l’Équipe de France ?

J’ai prolongé avec l’OL jusqu’en 2021, mais c’est vrai qu’il manque une Coupe du Monde à mon palmarès. L’objectif sera d’aller le plus loin possible avec l’équipe de France dans cette compétition, en France. Il faut être conscient que c’est une chance de montrer une bonne image de football féminin. Les caméras seront braquées sur nous, et le but sera de faire le meilleur résultat possible. Mais également de faire bonne figure hors des terrains. On a de la qualité, seulement, une Coupe du Monde est très difficile à gagner. Il faudra y aller avec de l’ambition et donner le maximum ! Mais surtout avoir cette petite chose en plus qu’on peut appeler de la chance !

Pour lancer cette Coupe du Monde, vous avez depuis l’hiver 2018, lancé un stage « Eugénie Le Sommer » partout en France pour les jeunes footballeuses. En quoi consiste-t-il ?

Lorsque je suis arrivée à l’OL, j’ai tout de suite souhaité transmettre ma passion du ballon rond à la nouvelle génération, et surtout promouvoir et développer le football féminin. Il y a eu beaucoup d’engouement, et les inscriptions se sont faites assez rapidement. Certaines sont là depuis le premier stage, donc ça montre aussi qu’il y a de l’envie derrière. Cela me pousse aussi à continuer et trouver un bon équilibre. Je pense qu’il y aura sûrement d’autres éditions dans le futur.

Quel est le but ?

C’est l’opportunité pour elles de me côtoyer et d’avoir des moments privilégiés. Mon rôle commence dès le matin quand j’accueille les filles, je fais un briefing de la journée. Je suis aussi aidée par des coachs qui me conseillent pour encadrer le contenu du stage. Il y a des exercices de passes, de tirs, du travail physique et bien sûr technique. J’en profite pour donner des conseils et leur donner confiance. Je peux répondre aux questions, faire des séances de dédicaces, et bien sûr immortaliser ces moments par des photos. C’est une superbe expérience.

Envisagez-vous une reconversion dans le coaching à l’avenir ?

Par ce biais, je peux aussi faire parler du football, et donner peut-être l’envie aux jeunes filles de s’inscrire dans un club. Alors c’est plusieurs enjeux et c’est ça qui me plait. Je pense forcément à une reconversion dans le coaching, mais pour l’instant c’est seulement dans un coin de ma tête. Je ne me dis pas que je ferais ça plus tard. Ce n’est que le début, mais pourquoi pas prendre la direction d’une équipe un jour. Pour le moment, mon avenir n’est pas encore décidé et j’ai encore beaucoup de titres et de belles choses à aller chercher avec l’OL et l’Équipe de France.

Jusqu’à quand chausserez-vous les crampons? 

Toute ma vie ! (rire) Non, en réalité, si je devais arrêter ma carrière ce serait sûrement à cause de ma vie familiale, car c’est la plus grosse problématique pour nous les femmes. Les hommes ne portent pas d’enfant, donc c’est plus simple pour eux de jouer plus longtemps. Mais ce sera mon corps et ma tête qui me le diront. Il est vrai que quand on a connu beaucoup de saisons au niveau professionnel, à un moment donné la tête n’a plus envie de suivre. Je le vois aussi par les personnes que je côtoie et il arrive à certaines joueuses de dire : « Je n’ai plus envie ». Donc ce sera soit la tête, soit le corps, mais je ne continuerais pas pour continuer ou juste battre des records.

Comment voyez-vous le football féminin dans quelques années? 

Dans quelques années, je verrais le football féminin avec beaucoup plus de licenciées, d’engouement et un championnat professionnel. J’espère que les filles iront de plus en plus dans les stades et sur les terrains. Alors, foncez et soyez volontaires, car lorsqu’il y a de la volonté et l’envie de jouer, il ne faut pas se priver. C’est aussi un peu le message que j’ai envie de donner : peu importe le sexe, fille ou garçon, tout le monde peut jouer au foot. Peu importe le niveau, ce n’est pas un sport de garçon comme on peut l’entendre. Après je pense que cela passe aussi par l’éducation, par certains parents qui freinent les enfants. Alors qu’on peut le voir, le football féminin a toute sa place dans le monde du football.

Que peut-on vous souhaiter pour cette saison ?

De gagner le plus de titres, d’être la plus performante, et remporter la Coupe du Monde avec l’Équipe de France. Mais aussi un sixième titre en ligue des champions avec Lyon, ce serait formidable.

Si vous aviez le choix, quel serait-il ?

La Coupe du Monde, c’est le seul titre qui manque à l’Équipe de France. Et nous allons tout faire pour aller chercher cette première étoile devant notre public.

 

Propos recueillis par Solène Anson