Imad Ibn Ziaten, pour la jeunesse et la paix - Le Lumière

Imad Ibn Ziaten, pour la jeunesse et la paix


À la suite des terribles évènements en France et dans le Monde, Latifa Ibn Ziaten a fondé l’association IMAD en hommage à son fils Imad Ibn Ziaten, assassiné le 11 mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse, ainsi que deux autres soldats à ses côtés, les Caporaux Abel Chennouf et Mohamed Legouad. Un an après les attentats du 13 novembre, l’État a pris de nombreuses mesures pour lutter contre le terrorisme.

L’association, pour la jeunesse et la paix, a comme mot d’ordre la tolérance et mène un véritable combat contre la haine.

https://www.association-imad.fr/

Maris et femmes sont unis par les liens du mariage. Frères et sœurs sont unis par les liens du sang. Des symboles connus de tous. Les liens sont-ils brisés si un proche rompt avec le passé, aveuglé par la propagande terroriste ?
L’organisation état islamique, plus connue sous le nom de Daech, est une organisation terroriste dont le but est de détruire l’Occident. De nombreux hommes, femmes ou enfants quittent le territoire français pour rejoindre la Syrie et faire le djihad, la « guerre sainte ». Ils seraient au nombre de 2000 selon les chiffres du gouvernement. Chaque jour, des familles sont dévastées après l’annonce de ce départ inattendu. La radicalisation touche des hommes ou femmes d’horizons différents. L’embrigadement, ce sont des techniques bien rodées surtout via internet et particulièrement les réseaux sociaux.
Ainsi, des centres d’accueils ont vu le jour, comme le CPDSI (Centre de prévention, de déradicalisation et de suivi individuel) qui aide ces jeunes marginalisés et enrôlés par la propagande. Le centre a vu le jour en 2014, mandaté par le ministère de l’intérieur, à la disposition des familles et des préfectures. Depuis 2016, le CPDSI a pris son indépendance, plus axé sur le coaching et l’accompagnement.

Travaillez-vous en relation avec d’autres organismes ? Par exemple le CPDSI ?

« J’ai créé cette association pour prévenir des dangers de la radicalisation et permettre d’accompagner et soutenir des jeunes qui en ressentent le besoin. Cette association, c’est une porte d’écoute, de dialogue avec les jeunes en situation de détresse, c’est une aide, un levier nécessaire pour promouvoir et partager des valeurs communes comme l’esprit de tolérance et le respect de la vie Humaine. »

Menez-vous des actions communes ?

« L’État, après avoir mis en place un secrétariat d’Aide aux victimes, a fait initier le soutien nécessaire et l’accompagnement de ces victimes. C’est une reconnaissance nécessaire au citoyen blessés dans sa chair, et/ou portant le deuil d’un proche.
De mon coté, ce secrétariat n’existant pas en 2012, j’ai dû, pour défendre mes droits, taper aux différentes portes du gouvernement afin de rétablir ce qui me semblait juste pour l’honneur de mon fils. »

Par quels moyens ?

« En réalisant par exemple des projets à l’étranger où le jeune adolescent sera en terrain inconnu et devra s’adapter à cette différence culturelle. Le but étant de le nourrir par le biais du nouveau patrimoine vécu par ce voyage, de l’extraire de son schéma quotidien, et de lutter contre l’ignorance, essaim des préjugés et de la haine. »

https://www.kisskissbankbank.com/latifa-le-coeur-au-combat

Après le choc de l’annonce, il faut savoir mettre un mot sur cette souffrance. La reconnaissance des préjudices d’angoisse et d’attente est-elle une solution ? Oui, si l’on en croit Juliette Méadel, secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes. Reconnaitre cette souffrance est déjà une grande avancée. Reconnaître la peur et l’angoisse de la mort c’est pouvoir se reconstruire, petit à petit. L’heure est pour le moment à l’espoir, malgré la distance. Celui de revoir ce proche, de le ramener à la raison et à la maison.

Que pensez-vous de l’indemnisation des victimes des attentats selon le préjudice d’angoisse et d’attente ?

« C’est une aide, un soutien nécessaire pour des personnes salariées ou pas. Pour compenser l’arrêt de leur activité et de les aider dans leur temps de leur propre reconstruction. Selon moi, c’est une reconnaissance qui s’applique aux victimes d’un préjudice moral, physique et matériel. »

Il ne faut pas laisser le terrorisme s’insérer dans nos quotidiens et subir ses conséquences. Il faut avoir la volonté de se battre face à ce mal qui nous touche tous. Combattre, c’est avoir l’espoir d’une société meilleure, d’un monde meilleur.

Pour finir, sur les mots de Latifa Ibn Ziaten,
« J’aimerais que chacun d’entre nous puisse se respecter malgré sa différence, il faut absolument se connaitre et partager avec les Autres, c’est pour moi le début d’un dialogue voire d’une relation respectable. »