Formule 1 : L'abandon du public - Le Lumière

Formule 1 : L’abandon du public


Passée sur Canal + en 2013, la Formule voit une baisse d’audience monumentale puisque le nombre de téléspectateurs ne cessent de descendre : 5 à 10% de pertes chaque saison depuis quelques années. Les feux du spectacle voient rouges et cela n’est pas dû qu’à une seule et unique cause.

Dessin de Karim Salah
Dessin de Karim Salah

 

Tout d’abord, les droits télévisuels passent dans beaucoup de pays de chaînes publiques gratuites à chaines payantes comme en France où la Formule 1 est passé de TF1 à Canal +, tous les gens ne sont pas prêts à payer un abonnement pour regarder ce sport. Les chaînes gratuites ne trouvaient presque plus de bénéfices à diffuser les courses car le prix des droits augmentent pendant que l’audimat stagne voir baisse. Et si l’audimat baisse même sur les chaînes publiques, c’est pour des raisons logiques et explicables. Premièrement, depuis l’accident de Senna en 1994, les mentalités ont changé. Finis les duels dangereux mais spectaculaires entre deux voire trois pilotes dans les lignes droites et les virages, maintenant les dépassements se font à la légère, sans prendre de risques et s’il y a le moindre contact entre deux voitures, c’est l’abomination générale. Si cet argument est très excusable car il encoure les risques les plus lourds, il y en a d’autres dont le spectateur s’ennuie et s’exaspère au point de ne plus suivre la compétition. Il y a d’abord le fait que l’impression générale tend vers un sentiment d’exclusion car tout à l’air de se joueur dans la mécanique. Les voitures sont de plus en plus innovantes avec des systèmes pour faciliter le dépassement grâce à la mécanique et non-plus grâce au talent du pilote, des mécaniques compliquées à comprendre pour un spectateur lambda qui se sent exclu ; et en mélangeant les deux, on observe que sur une saison et même sur une course, c’est l’écurie la plus performante qui gagne et non plus le meilleur pilote.

Dessin de Karim Salah
Dessin de Karim Salah

 

Autre point important, beaucoup de pays qui n’ont pas de réelle culture automobile obtiennent des courses. Cela pourrait être un point intéressant car il apporterait quelque chose à des pays en développement, or le public n’est pas au rendez-vous et les circuits ont du mal à devenir mythiques. De plus, ce sont rarement des pays très démocratiques et dont l’économie repose sur le pétrole et le gaz, le téléspectateur le ressent. Et enfin dernier phénomène, celui-ci plus récent, est apparu et va à l’encontre du spectacle : il y a de plus en plus de règles, pas toujours des plus efficaces et utiles. La dernière en date concerne les qualifications. Une règle est censée apporter aux pilotes ou aux écuries, garantir un bon déroulement, or la dernière est un scandale que tout le monde soulève. « C’est de la merde ! » s’insurge Vettel, « Ce nouveau format est naze » s’exclame Wolff, « Ce nouveau format est pourri ! » prononce Ecclestone… Ecclestone, lui-même, le propriétaire du championnat de Formule 1, est contre un format qui prend place. D’autres pilotes s’expriment en défaveur comme Hamilton ou Button. Ce format consiste à créer une sorte de courses à élimination lors des qualifications à la place des chronos individuels simples qu’il y avait. Un fiasco donc qui s’ajoute à de nombreux problèmes à résoudre pour le monde de la F1.

Image à la Une : Photo de Kevin Echallier