Édouard REAUX, un libraire libre - Le Lumière

Édouard REAUX, un libraire libre


En plein milieu du campus Porte des Alpes (Bron), juste en face de la BU. On ne le voit pas derrière ses miroirs sans teint mais il est là. Il conseille les étudiants sur le choix d’ouvrages ou sur la construction de leur biographie de master.

Édouard Reaux l’avoue, « au début c’était dur », il a du se familiariser avec les termes d’anthropologie, de sociologie. Il a fallut glaner des cours en amphi de sciences humaines, « il touche sa bille » comme il dit. On peut le surprendre à parler de politique. Aucun sujet ne lui fait peur. Il lit deux livres par semaine, c’est ça de vivre au milieu du savoir. « Pas celui qui se loge sur internet mais celui que l’on trouve dans les livres ». Il plaint les étudiants quand il les voit marcher le nez collé dans leur smartphone, sans regarder où ils mettent les pieds. Le téléphone, il n’aime pas ça, il n’en a pas. C’est un choix. Il déteste la contrainte du «Allô, tu es où ?». C’est juste un homme qui veut vivre libre.

Edouard Reaux

Édouard REAUX gère la librairie U du campus de Bron depuis 19 ans. Ancien étudiant en droit de Lyon 2, il n’a jamais vraiment quitté le campus. Édouard a 19 ans quand il rentre pour la première fois dans la librairie. « A la base je venais tout le temps dans la librairie pour draguer la libraire ». Elle s’appelait Valérie, une belle brune de 30 ans, c’est elle qui lui dit que la librairie était à vendre. « L’ancien prenait sa retraite, et moi je me suis dit « c’est top comme travail » ». En 1993, la librairie est un simple point presse avec 2000 exemplaires. Aujourd’hui, elle n’en compte pas moins de 9500 livres à 85% issus du programme universitaire. Avec une réduction de 5 % pour les étudiants.

Édouard aime son boulot. Sur le campus, il s’est fait des amis. Il y a même rencontré la femme de sa vie. Une étudiante venue s’adresser à lui le regard brillant. Il lui a proposé d’aller boire un verre le soir même. Père d’un fils de 4 ans, il s’intéresse à l’avenir. « Moi, je suis écolo ». Il enrage quand sa femme commande en ligne 3 fois la même paire de chaussures, pour tester quelle taille lui convient le mieux. En sortant, on n’a qu’une envie c’est revenir, comme si on avait l’impression d’y laisser un livre ouvert.