'Eau Secours, on ne nous dit pas tout !' - Le Lumière

‘Eau Secours, on ne nous dit pas tout !’


C’est sûrement le geste le plus anodin que nous pouvons faire tout au long d’une journée. C’est la fonction la plus vitale donc notre existence pour aider l’organisme à son bon fonctionnement. Boire de l’eau est une question centrale et sûrement selon les spécialistes le futur problème numéro un mondial, dû à la rareté toujours plus grande de l’eau non salée. L’eau que l’on peut boire peut provenir du robinet mais aussi des bouteilles achetées dans des grandes surfaces. Il reste donc primordial pour les consommateurs de connaitre de façon limpide les éléments concernant l’eau qu’ils boivent, peu importe sa provenance.

La France a une eau de très bonne qualité. Elle est jugée ‘propre à la consommation humaine’ lorsque qu’elle respecte des critères législatifs stricts imposés par le code de santé publique recensant les lois européennes et françaises. Ces derniers évoluent au fils des années et de la recherche, comme cela a pu être le cas avec l’interdiction totale du Bisphénol A en 2015. Les critères servent de base au contrôle et études des eaux qui peuvent à terme devenir plus contraignant.

Robinet ouvert, avec la main d'une personne tenant un verre sous l'eau, afin de le remplir.

L’eau du robinet       

L’eau du robinet qui est desservie aux usagers du territoire français est entre 93% et 99% de bonne qualité, suivant les critères retenus (respectivement concernant les pesticides et les nitrates). Les valeurs peuvent tendre vers 100% concernant les zones les plus urbanisées. Les autorités de santé publique se targuent d’offrir une eau buvable de bonne qualité et qu’ils mettent en place tous les moyens et investissements nécessaires afin de moderniser le parc de traitement des eaux. Cependant il reste de nombreux progrès à faire pour améliorer ces chiffres. Il reste de trop nombreux secteurs géographiques où la qualité de l’eau reste à désirer. En effet, les zones rurales sont davantage touchées par la pollution de l’eau que ce soit concernant les nitrates et autres pesticides (métolachlore, métazachlore, terbutylazine, tébutame, pour les courants), pour certains interdits depuis des années (atrazine et hydroxyatrazine – 2001). Les nitrates et pesticides proviennent de leur usage dans l’agriculture intensive et productiviste. Le surplus de produit non absorbé par la plante se retrouve dans les sols et les cours d’eau qui est lui-même la source de l’eau du robinet. L’eau, chargée d’impuretés, doit suivre un processus de nettoyage, de filtrage lourd ainsi que l’ajout de chlore, afin de pouvoir être distribuée dans le réseau. Elle respecte constamment les normes en vigueur. Cependant, il faut bien être conscient que l’eau du robinet contient des substances en très faible quantité et qui, sauf dernière étude contraire, ne sont pas dangereuses pour la santé de utilisateurs.

Bouteille versant de l'eau dans un verre

L’eau en bouteille

Il se vend annuellement 6,6 milliards de litres d’eau en bouteille en France. La provenance de l’eau mise en bouteille vient de sources souterraines et ne contient aucun traitement durant le processus d’embouteillage. Cela ne veut pas dire que l’eau y est parfaite naturellement. L’eau est filtrée par les différentes couches qu’elle traverse jusqu’à son arrivée dans la source souterraine. D’après des analyses, on retrouve des quantités infimes, comme c’est le cas pour l’eau du robinet, de nitrates et pesticides. La teneur en substance dépend des sources, donc des marques, tout comme c’est le cas pour les eaux du robinet. Il a même été détecté dans certaines bouteilles des produits médicamenteux, avec en premier lieu le paracétamol ainsi que du tamoxifène (hormone contre le cancer du sein – nldr). Les deux moyens sont quasiment équivalents, naturellement suivant la provenance de l’eau. Il reste quand même un élément de taille concernant la consommation d’eau en bouteille : l’eau en bouteille est, selon les estimations, entre 100 et 300 fois plus chère que l’eau du robinet. Qui plus-est, son processus de production et de fin de vie sont très énergivores. Les bouteilles étant en polyéthylène téréphtalate, un dérivé du pétrole, elles nécessitent 2 kg de pétrole pour 1kg de PET. Il faut ensuite l’acheminer jusqu’au consommateur, et après la consommation rapide du liquide, les bouteilles ne sont qu’en partie recyclées.

 

Que faire ?

La question autour de l’eau est centrale mais il reste cependant un manque d’information et de prise de conscience des consommateurs. En effet, concernant les eaux du robinet, les substances trouvées peuvent varier au cours du temps. Il est important de rester vigilant sur ces informations de santé publique. Vous pouvez vérifier la qualité de l’eau qui coule dans votre robinet sur le site du ministère de la santé. Concernant les eaux de sources, il faut rester d’autant plus alerte car une même marque peut commercialiser des eaux différentes et leurs teneurs en substances et minéraux varient au cours du temps. Il reste à regarder principalement la teneur en nitrate, quel que soit l’eau, principalement pour les personnes fragiles, car la transformation en nitrite par le corps peut provoquer des problèmes sanguins, voir des cancers. La limite légale pour les nitrates est de 50mg/L, mais 25mg/L serait préférable. Il reste après l’impact écologique et économique de la consommation de l’eau en bouteille, qui multiplié par des millions d’individus, n’est pas anodin quand on sait que l’on pourrait s’en passer.

 

Boire de l’eau reste avant tout une histoire de goût mais aussi de volonté. Vous ne la gouterez plus jamais de la même façon maintenant 😉