Des fauteuils roulants à Bron. - Le Lumière

Des fauteuils roulants à Bron.


         Vous êtes-vous déjà amusé à compter le nombre de marches que vous empruntez dans une journée ? Probablement pas car les escaliers font partie de notre quotidien. En revanche, ces derniers sont des enfers pour les personnes à mobilité réduite.

     Et ce sont les activités telles que celles proposées par Eric Benon à l’Université Lumière Lyon 2 qui permettent une prise de conscience de cette réalité. Les escaliers sont un problème parmi tant d’autres et les handicaps ne sont pas que moteur. Focus tout de même sur la mobilité des handicapés en France grâce au président de CARPACCESS, une des 30 associations du Collectif des Associations du Rhône Pour l’Accessibilité, qui a échangé avec nous sur le sujet.

    L’installation mise en place par Eric Benon en sortie de restaurant universitaire est, plus concrètement, un parcours de slalom à essayer en fauteuil roulant. Béton armé, propre et lisse, et beau temps, les conditions étaient favorables, alors le moment le plus difficile était seulement la remontée de la pente qui sollicitait fortement les triceps. D’après l’enquête santé de 2007 de l’INSEE, 2 ,3 millions (5,8%) de la population sont en fauteuil en roulant. La plupart des 24 % handicapés en France sont malvoyants (13,2%) et le reste est malentendant. Quant à Eric Benon, il se trouve en fauteuil depuis l’âge de quinze ans suite à une opération chirurgicale d’une hanche qui a mal tournée, alors qu’elle était censée améliorer sa marche complexifiée depuis sa naissance. En 30 ans, Eric affirme que les infrastructures du pays ont bien évolué. Même si, contrairement aux États européens et américains du Nord, nous avons  « 40 ans de retard ».

     Alors ce temps à rattraper, c’est au travers des actions de la CARPACCESS qu’il s’opère depuis 2012. L’association est née afin d’ « offrir une meilleure offre de conseil, d’expertise auprès des secteurs publics et privés, concernés par l’ingénierie de la construction, par l’obligation de mise en accessibilité du cadre bâti et pour des besoins de formations » selon sa propre définition. Regardez simplement autour de vous à l’extérieur, il s’agit de changer ces grilles pour l’eau qui sont pour les roues trop béantes ou encore de vérifier qu’il existe des bandes d’éveil à chaque passage piéton pour les malvoyants.

    Finalement, au fur à mesure de la discussion, Eric fait part du manque d’adaptation au niveau national qui s’étend dans le domaine du travail et de l’éducation. La mission de la loi de 2005 qui était d’harmoniser les bâtiments français en 2015 n’a pas été accomplie et les écoles ne sont pas encore toutes réglementées. Concernant le travail, les entreprises doivent remplir un cota de 6 % d’employés handicapé. Or, les employeurs détournent ce pourcentage avec des maladies invalidantes, identifiées au sein de l’entreprise. L’insertion est donc difficile pour les handicaps sévères.

             On peut conclure avec certitude que si cette association est fructueuse (formation en plusieurs modules, vidéos de présentation sur internet, événements sur Lyon et Villeurbanne) c’est bien grâce à la bonne humeur, au calme et à l’espoir d’Eric. Il pense global, c’est-à-dire que ces aménagements sont utiles également aux personnes avec poussette et aux personnes âgés. 

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