Consultants sportifs : Utiles ou toxiques ? - Le Lumière

Consultants sportifs : Utiles ou toxiques ?


Chacun dans leurs disciplines mais beaucoup plus nombreux et bruyants dans le monde du football, nombreux sont les conflits entre acteurs du sports et observateurs. Le rôle de consultant consiste à donner son avis sur un match, un sportif, une équipe et parfois, les mots peuvent causer des maux. Cependant, le rôle de consultant permet également de démocratiser les aspects tactiques et donner un aperçu de la vie intérieure aux sports au public. 

En France, ils sont entre autre connus sous le nom de Pierre Ménès, Luis Fernandez ou Dominique Grimault. Outre-manche, Thierry Henry, Jamie Carragher, Gary Lineker font les commentaires chaque semaine du championnat national. Chaque pays a sa palette de consultants, chacun avec leur caractère, ils donnent leur avis sur les résultats du week-end, sur la performance d’un joueur ou sur les choix tactiques d’un entraîneur. Un comportement qui rassemble beaucoup de téléspectateurs et même de lecteurs car certains de ces consultants ont une place dans des journaux nationaux pour critiquer via un article. Pour les amateurs du ballon rond, il est alors facile de chercher à comprendre comment joue une équipe, comment un joueur se comporte avec ou sans ballon, le débat prend alors place. Il est clair que le meilleur format pour s’expliquer et démontrer un propos est le format télévisuel, on peut s’aider de schémas et cadrer nos propos. Or, ce format présente bien des contraintes : Le temps de parole limité, l’obligation d’avoir un avis tranché et une parole presque sacralisée. Un autre format : la radio. Ce format présente moins de contraintes, on est complètement passif face à un débat qui n’a même pas d’image et qui se contente de n’aborder les sujets sans pouvoir montrer beaucoup de statistiques et de preuves imagées, c’est la foire à la subjectivité. Le dernier format : la presse écrite. Un article c’est donc un choix personnel de sujet dans un espace limité quantitativement d’expression, ce qui limite la valeur de débat car en plus, peu de chroniqueurs ont accès à cet outil. Ces façons de s’exprimer et de réagir à l’actualité sportive et footballistique amène à des réactions de chaque parti.

Caricature réunion de crise avec Dédé à Clairefontaine

Dessins de Karim Salah pour Le Lumière

Commentaires positifs ou commentaires négatifs, sur les plateaux, à la radio ou dans les journaux, ils agacent de plus en plus les acteurs du sport et du football. Ils sont souvent la cible des grognements aux goûts de revanche lors des conférences de presse. Cela arrive parfois à des règlements de compte publiques et peut devenir de véritables sujets de débats pour savoir qui a raison. On se souvient par exemple de l’intervention de Patrice Evra se payant la tête de Pierre Ménès, Bixente Lizarazu ou encore Luis Fernandez sur Téléfoot. L’ex-capitaine de l’équipe de France montrant sa colère face aux critiques répétées de ces derniers. Ceci n’est pas un épiphénomène et peut même avoir lieu entre personnes très proches : Par exemple Thierry Henry, ex-joueur d’Arsène Wenger, lui reprochant son recrutement à l’inter-saison et les résultats de dernier : « Je n’ai jamais vu les supporters autant en colère« , ce à quoi le manager des gunners a répondu : « Il n’a pas dû mesurer la colère de 60 000 personnes car il est assis dans les meilleurs sièges (du stade) ». Des répliques interposées qui deviennent un spectacle de plus à l’intérieur du spectacle qu’est une saison. Les consultants sont souvent des personnes qui, dans leur image, ne sont pas à remettre en question : ce sont soit des fins analystes, soit des anciens joueurs ou entraîneurs qui ont montré leurs preuves. D’où la recherche systématique des médias de ce genre de personnes pour alimenter leurs émissions. Cependant, il est reproché aux consultants d’avoir ce rôle par peur d’endosser celui de manager ou de président de club qui présente des responsabilités beaucoup plus importantes. Il a été reproché notamment à Gary Neville de critiquer l’actuel manager de Liverpool, Jurgen Klopp, alors que lui-même a connu un bilan catastrophique avec Valence quelques mois plus tôt en tant qu’entraîneur (Le club est passé de la 4ème à la 14ème place sous sa tutelle, il a été limogé quatre mois après son arrivée). Comment alors articuler analyse tactique et footballistique avec désir d’expliquer sans blesser les acteurs du football ? Brian McClough avait sûrement la réponse en 1979 : « Vous nous détournez de nos distractions familiales un samedi soir en nous faisant la leçon. Vous vous positionnez comme des juges et un jury. Vous dépassez la frontière entre apporter une contribution et être dogmatique, autoritaire et ennuyeux. Vous devriez surtout la fermer et montrer plus de football ». Expliquer plutôt que donner son avis dans une guerre d’ego ?