À lire ou à cuire, objet du jour : Oksa Pollock - Le Lumière

À lire ou à cuire, objet du jour : Oksa Pollock


À lire ou à cuire ? Mais qu’est-ce donc ?

Écrire un livre est un savoir-faire incroyable, mais écrire un bon livre relève de l’exploit. Écrire n’est déjà pas une chose facile cependant écrire un livre, un roman, est plus ardue encore. En effet, écrire un livre ce n’est pas seulement écrire des centaines de pages et de mots avec une histoire vaguement approfondie. Non, écrire un livre c’est l’art de savoir emporter des lecteurs dans un imaginaire, c’est savoir jouer des mots et trouver les bons. C’est également réussir à ficeler en pensée une histoire de son début jusqu’à sa fin. Une histoire que l’on commence à écrire sans idée de sa finalité c’est aussi utile que de commencer à faire de la cuisine sans outils adéquat, cela peut difficilement fonctionner.

Nombreux sont ceux qui s’attèlent à cette discipline qu’est d’écrire « un roman ». Que ce soit autobiographique ou totalement tiré de l’imaginaire, parvenir à tenir un scénario qui pourra intéresser et tenir en haleine de potentiels lecteurs tout en réussissant à tenir une syntaxe intelligente et intelligible est d’une difficulté incroyable. Une histoire peut être bonne mais avoir une syntaxe pitoyable ! Les mots ont autant d’importance que l’histoire en elle-même.

Un roman doit pouvoir transporter son lecteur dans un autre univers que celui de la réalité auquel il est confronté, même s’il relate des faits réels. En effet, le lecteur doit être emporté dans la réalité littéraire du livre qu’il lit.  L’objectif est donc d’intéresser et de plonger le lecteur dans ce qui constitue le « fond » du livre, c’est son histoire. Mais il n’y a pas que ce « fond » qui détermine l’excellence et la qualité d’un bon livre, il faut également prendre en compte la « forme ». Qu’est-ce que la « forme » du livre ? Ce sont les mots, la syntaxe employée, le style d’écriture, les procédés d’écritures, que les lecteurs ne remarquent pas en lisant mais qui rendent la lecture plus agréable et surtout qui donnent du sens à l’histoire racontée.

Trouver un livre est donc facile, tout le monde peut tenter l’expérience de l’écriture. Trouver un bon livre est plus difficile, car tout le monde ne peut pas s’improviser écrivain. Chaque semaine je m’attellerais donc à faire une « critique » d’un livre de mon choix, en tentant de donner des points positif et négatif sur celui-ci. Je conclurais mes critiques en conseillant ou déconseillant le livre dont il aura été question. L’objectif étant de donné un avis peut être un peu personnel sur des livres, avec pour ambition de voir une évolution dans ses analyses et critiques au fur et à mesure de leurs publications.

 

Objet du jour : Oksa Pollock

Pour ce premier numéro d’« à lire ou à cuire », j’ai décidé de parler de la saga littéraire française Oksa Pollock.

Première chose, le synopsis. On suit donc une jeune fille de 13 ans nommée Oksa Pollock qui vient d’emménager dans Londres avec sa famille ainsi que celle de son meilleur ami Gus. Cette jeune fille découvre qu’elle a des pouvoirs magiques et qu’elle est la souveraine d’un royaume caché sur terre appelé « Édéfia ». Ses pouvoirs se manifestent le jour où elle découvre l’apparition d’une mystérieuse marque sur son ventre. C’est sa grand-mère qui lui avoue le secret de ses origines, étant elle-même « actuelle » souveraine du royaume en question. Oksa est la seule à pouvoir les ramener dans leur royaume où les « félons » (les méchants) ont pris le pouvoir à la suite d’une guerre contre l’ancienne souveraine (la « Gracieuse »). La famille royale et leurs proches (les gentils), pour échapper à cette guerre, s’enfuient du royaume par un portail magique par lequel ils gagnent le monde extérieur, qu’ils appellent  le monde « Du-dehors » (le monde que l’on connait tous en fait). Les fuyards se voient affublés du nom original de « sauve-qui-peut », mais malheureusement pour eux, un des « félons » a lui aussi réussi à s’échapper…Dans les tomes suivants, on lit la suite des péripéties Pollock pour regagner « Édéfia » et vaincre les obscures forces ayant pris possession de leur royaume.

Notons que c’est une saga fantastique française (!) ce qui en soit est déjà assez rare, tout comme leur qualité d’ailleurs… Passons… C’est un roman écrit à quatre mains par les auteurs Anne Plichota et Cendrine Wolf. Leurs biographies étant courte aussi bien pour l’une que pour l’autre, on ne retiendra alors que le fait que toutes deux vivent actuellement dans la ville de Strasbourg.

Les deux auteurs de la saga Oksa Pollock
Les deux auteurs de la saga Oksa Pollock (http://bit.ly/2ffMvvR)

Analyse de la saga

 

Arrivons à ce qui vous intéresse réellement : la critique de la saga ! Bien que l’histoire soit intéressante avec un « plan » plutôt bien ficelée, on se perd en clichés enfantins voire niais. Par exemple : le triangle amoureux entre Oksa, Tugdual – le beau brun ténébreux gothique – et Gus le meilleur ami de toujours – beau gosse sympa, mais qui est le seul n’ayant pas d’origine du royaume et donc aucun pouvoirs – (alors que ses parents eux, si ! AHAH ! t’sais pourquoi t’as pas de pouvoir toi ?! BAH PARCE QUE T’ES ADOPTÉ !! c’est véridique par contre).

Ce qui ne va pas

Ensuite on commence l’histoire avec trop de coïncidences heureuses comme la famille de Gus qui emménage à Londres avec celle d’Oksa. Puis au final on se retrouve avec énormément de péripéties, souvent fâcheuses, si bien que l’histoire en devient compliquée à suivre. D’ailleurs tellement compliquée qu’il a été mis à chaque début de tome, un résumé du précédent ainsi qu’un organigramme des personnages à partir du tome 3 ou 4 ont été ajoutés.

L’autre grand problème c’est les noms et les origines un peu hétéroclites des personnages tout au long de la saga. On se retrouve donc avec des noms russes tels que « Pavel » (car Oksa, en plus d’avoir une grand-mère venant d’un pays magique, elle a aussi un grand-père venant « Du-dehors » qui lui est russe), des noms que l’on connait tous tels que « Jeanne » et puis les autres noms…Totalement étranges ! Tels que « Orthon », « Malorane » ou bien encore « Ocious ». Les créatures et les noms de pouvoirs ne sont pas épargnés non plus avec des noms aussi incongrus que peu recherchés, avec des créatures comme le « foldingot » ou encore l’« Insuffisant », côté pouvoir on peut trouver « le caméroeil ».

Le dernier souci de cette saga venant de la syntaxe, qui est trop simple et légère, ce qui rend la lecture difficilement digeste car en conséquence trop élémentaire. A tout cela s’ajoute le fait qu’il y ait de trop nombreux personnages et lieux de déroulements de l’action ainsi que d’importants revirements de situations, rendant le tout plutôt compliqué à suivre.

Ce qui va bien

Mais il y a malgré tout dans cette histoire des points heureusement positifs, en dépit des nombreux clichés que l’on peut retrouver. En effet, on ressent que les auteurs se sont beaucoup attachées à leurs personnages principaux tels que Oksa, Tugdual et Gus. Et cette affection qu’elles leurs portent se ressent dans la manière dont ils sont développés, ce qui les rends attachants, très intéressants et complets. L’histoire aussi est en soi très intéressante et bien trouvée nonobstant les stéréotypes que l’on pourra souligner tout au long de notre lecture. D’ailleurs les auteurs se sont tellement attachées au personnage complexe de Tugdual qu’elles lui ont dédié une saga rien que pour lui au nom éponyme.

Tugdual
La saga des mêmes auteurs : Tugdual (http://bit.ly/2eYoatU)

De plus, si au début l’on peut trouver l’histoire un peu plate et « gentille », dans les tomes suivants les auteurs se lâchent. Effectivement, au fur et à mesure des tomes l’histoire s’obscurcit (ce qui pour moi n’est pas un mal), et devient peut-être parfois un peu « trash ». Mais même si l’on fait bien la distinction entre « gentils/méchants », on s’aperçoit qu’il y a malgré tous des divergences dans leurs comportements et leurs actions, retirant tout l’effet archaïque de l’histoire.

Autre point positif, cette fois-ci ne venant pas de l’histoire en tant que telle, ce sont les dessins sur les couvertures des livres réalisés par Laura Csajagi, qui sont très beaux. Une bonne couverture est un bon point pour un livre, car c’est l’essence même du choix d’un roman, c’est avec cela qu’on nous donne envie. De plus la physionomie présentée des personnages sur les dessins se rapproche vraiment de ce que l’on pourrait s’imaginer d’eux en ayant fait lecture du livre.

Couverture du tome 1 d'Oksa Pollock par Laura Csajagi (http://bit.ly/2erxDsU)
Couverture du tome 1 d’Oksa Pollock par Laura Csajagi (http://bit.ly/2erxDsU)

 

Au final ?

Je ne m’aventurerais pas trop dans le monde des « spoils », en espérant que je n’en ai fait aucun jusqu’ici. N’ayant pas encore lu le dernier tome de la saga je ne connais pas encore la fin de celle-ci, je ne sais donc pas s’il y a happy ending ou non. D’autre part si je n’ai à ce jour toujours pas terminé la saga (bien que je sois en possession de tous les tomes) c’est dû au fait que l’histoire est rythmée par beaucoup d’actions et péripéties et un temps long entre la publication de chacun des tomes. Ayant donc du mal à me rappeler de toute l’histoire de son début je suis obligée de tout recommencer du départ et ce, depuis déjà deux ans, car il est difficile de trouver le courage de tout relire.

Je conclurais donc cette première critique en affirmant que ce n’est pas une mauvaise saga même si elle est un peu infantile dans son écriture, tant pour la syntaxe que la complexité de l’histoire. Mais s’il y a une chose dont je suis certaine c’est que le problème vient moins du fond mais principalement de la forme. Donc si vous voulez tenter l’expérience Pollock, je ne vous la déconseillerais pas pour autant, juste préparez des fiches de lectures afin de bien suivre l’histoire !

 

Alors, à lire ou à cuire ?