#1 Regards croisés d’étudiants : Tai-chi à Lyon 2. - Le Lumière

#1 Regards croisés d’étudiants : Tai-chi à Lyon 2.


Du Tai-chi est proposé à l’université Lyon 2 avec le SUAPS (Service Universitaire des Activités Physiques et Sportives).

Deux étudiants nous en parlent.

Le tai-chi 太極拳

Art martial chinois dit « interne » car centré sur une gymnastique de santé.

Il a pour objet le travail de l’énergie appelée chi (prononcer ki) et comporte une grande dimension spirituelle.

Il existe de nombreuses écoles et d’autant plus de technique de tai-chi.

Il insiste sur le développement d’une force souple et dynamique :

  • Se relâcher pour garantir fluidité et coordination des mouvements

  • Développer une force interne pour relier et situer chaque partie du corps

  • Enracinement au sol car l’énergie provient des pieds

  • Travail sur le souffle, la respiration doit rejoindre le centre de gravité au niveau de l’abdomen.

Selon Guillaume :

« Dans l’art martial du tai-chi, le but était d’avoir un pied ancré en terre afin d’être stable, puis d’utiliser cette énergie accumulée pour repousser les adversaires. Il y a des exercices de saisie, des coups.

Une des légendes est que des villageois ont développé ces techniques avec un grand maitre pour se défendre contre l’armée. Le but étant de trouver le point d’énergie, le point vital et de frapper tout en économisant sa propre énergie ! »

Interview :

Avec la participation de :

Laetitia, 21 ans, 2e année de psychologie.

Guillaume, 21 ans, 1ere année de sciences cognitives.

Que pensez-vous des sports en général à Lyon 2 ?

L : J’ai vu vite fait ce qu’il y avait, mais c’est le tai-chi qui m’a attirée. J’ai déjà pratiqué un peu l’art du chi…mais le tai-chi était quelque chose de nouveau.

G : Je me suis inscrit en tai-chi car j’en avais déjà pratiqué mais avec une approche très différente. Je fais du foot également, j’adore les sports collectifs et avec la fac c’est seulement 20 euros ! Je fais aussi des sports libres, c’est-à-dire que j’ai accès à la salle de muscu, au foot en salle ou au basket à certains horaires où tout le monde peut se rejoindre ! Ce concept est cool.

Laetitia, qu’est-ce que l’art du chi ?

L : Pour moi l’art du chi est la traduction de l’énergie universelle de vie. Personnellement, je pratique aussi le reiki pour faire circuler ce chi en nous. Cela m’intéresse énormément car c’est lié à notre bien-être, mais ça va aussi bien au-delà de ça, c’est comme si ça permettait d’augmenter notre conscience et notre présence dans la vie ! Ça peut aussi débloquer certaines choses en nous car à travers les mouvements, il y a l’expression du corps. J’aime aussi l’idée que ça soit une pratique de groupe.

Guillaume, tu dis avoir pratiqué le tai-chi sous d’autres formes, peux-tu nous en dire plus ?

G : Je pratique la méditation de pleine conscience, qui consiste à se centrer sur sa respiration et des points du corps. La pratique du tai-chi de cette année est différente de celle que j’ai connu auparavant car elle est axée sur cette pleine conscience. Après il y a des points communs avec ma formation précédente, notamment au niveau du point d’équilibre bas (tan-tien, sous le nombril). On apprend à gérer l’énergie par la symbiose des mouvements, comme une chorégraphie que l’on recommence sans cesse. Cette année la prof insiste sur la notion du groupe et je n’avais jamais travaillé cette connexion qu’elle essaye de nous faire sentir avec les autres. Pour moi, le tai-chi est vraiment une pratique de ressources, comme on pourrait recharger l’énergie dépensée au cours de la journée en mangeant. Le but du tai chi est d’apprendre à dépenser cette énergie le plus efficacement possible !

L : J’ai l’impression qu’on a tous une vision différente de l’art du chi, c’est amusant ! Mais ça reste une recherche d’équilibre.

G : Ouais carrément, j’essaye de prendre du recul et me concentrer. C’est ce moment de pause qui permet de se vider la tête, puis après coup de regarder et de prendre nos réelles décisions.

Arrivez-vous vraiment à prendre cette distance par rapport à vos pensées ?

L : C’est un travail que j’essaye de faire chez moi : ne pas avoir mille pensées… Le tai-chi de ce matin était un cours différent. On était dehors, avec l’air, le vent, les feuilles qui volaient… et il y a des moments où j’ai réussi à lâcher. De plus, les paroles de la prof me touchent à l’intérieur et m’aide, ça permet à ton corps d’agir seul et de ne pas maitriser les mouvements avec ta pensée. Je pense que tout homme a ce mental agité et qu’on a tous besoin de calmer notre esprit.

G : J’ai tendance à être un peu hyperactif, la méditation m’aide à me recentrer. Et oui, j’arrive à me concentrer sur une seule chose à la fois, à percevoir et à prendre du recul sur mes pensées. C’est un peu bête, mais en s’observant, on s’aperçoit qu’on a toujours des pensées d’anticipation, des préjugés sur les autres quand on les voit. Franchement ces pratiques m’ont fait voir des choses autrement. Réfléchir sur soi et s’observer ça permet vraiment des prises de conscience.

Depuis quand pratiquez-vous et en quoi ces pratiques vous ont-elles influencés ?

L : Il y a un an, je me suis ouverte à ce monde et ça a changé énormément de choses dans ma vie. Toutes ces pratiques sont liées, c’est juste une manière différente de faire vivre cette énergie en nous. Ce parcours m’a permis de prendre des choix importants et de beaucoup évoluer sur moi-même. En travaillant l’art du chi, on travaille principalement sur soi. Cela est difficile, c’est que l’on prend conscience de toutes nos faiblesses, voire d’éléments durs. Personnellement c’est via le reiki et le yoga que je trouve cette force pour rebooster mon énergie.

G : Oui ! Le travail sur soi qui permet de prendre des décisions (bonnes ou pas). J’aime bien Gandhi et il a dit « plus j’ai de choses à faire, plus je passe de temps à méditer ». En effet, si on passe notre temps à penser à pleins de choses, on s’embrouille et on devient incapable de prendre des décisions. Il faut trouver un équilibre,

Je me suis intéressé à ces pratiques à cause de ma vie personnelle et familiale, j’ai toujours vécu au jour le jour. C’est après que j’ai commencé à me renseigner sur la culture asiatique et son aspect philosophique. Cela a été mon ouverture au monde : nous sommes tous égaux et tendons vers un même but, mais il faut combattre notre égo. En effet, nous sommes à la recherche d’une compréhension facile et rapide : on se construit une image erronée de nous-même afin qu’elle nous semble stable. Pourtant, nous sommes en constante évolution !  Mon but maintenant c’est de vivre le moment présent pour mieux affronter demain.

Pour revenir sur le sport à Lyon 2, que pensez-vous des cours, y-a-t-il des choses qui vous plaisent plus ou moins ?

L : Je pense que lorsque l’on est pas dedans, on peut se dire que c’est lent, que ça ne bouge pas… en effet, on fait des gestes qui peuvent paraître insignifiants ! Mais ça me parle car avec de la concentration on finit par sentir qu’il se passe quelque chose.

G : Ce que je trouve dommage dans ces cours c’est qu’elle essaye de mettre des termes sur les sensations. Je trouve que ça rend la sensation compliquée, faussée. Je ne parle que de ma pratique personnelle, car je comprends qu’elle s’exprime différemment avec les débutants, il faut y aller doucement (du coup rapidement) pour que les personnes sentent les choses. Pour ma part, j’aimerais aller encore plus lentement pour vraiment sentir tout ce qui m’entoure.

Pour terminer, pouvez-vous me donner 3 mots pour définir la tai-chi ?

(Quelques secondes de réflexion)

L : Air, terre et profondeur.

G : Énergie, mouvement et attitude.